LA TURQUIE Du 3 Janvier 2010 au 22 Février
carte Turquie

République de Turquie (fr)

drapeau

armoirie

Devise nationale : Yurtta sulh, cihanda sulh ou Yurtta barış, dünyada barış
(paix dans le pays, paix dans le monde)

Langue officielle

Turc

Capitale

Ankara
39°55'N 32°50"E

Plus grande ville

Istanbul

Forme de l’État

République

 - Président
 - Premier ministre

Abdullah Gül
Recep Tayyip Erdoğan

Superficie
 - Totale
 - Eau (%)

Classé 37 [1]e
779452 km2
1,3 %

Population
 - Totale (2009)
 - Densité

Classé 17e
72 561 312 hab.
93,1 hab./km2

Indépendance
 - Date

De l’Empire ottoman
29 octobre 1923

Gentilé

Turc, turque

IDH (2007)

0.806 (élevé) (79e)

Monnaie

livre turque
(Türk Lirası, TL) (TRY)

Fuseau horaire

UTC +2;
Heure d’été : UTC+3

Hymne national

Marche de l’indépendance
(İstiklâl Marşı)

Domaine internet

.tr

Indicatif
téléphonique

+90

Le douanier turc semble ne pas comprendre l’inexistence de notre véhicule dans les entrailles de son ordinateur, il n’écoute pas trop lorsqu’à sa question : « à qu’elle date êtes vous sortis de Turquie pour vous rendre en Syrie ? », je lui réponds que c’est la première fois que nous entrons dans son pays, cherchant sur nos passeports un précédent passage, il tombe enfin sur le visa Saoudien qui lui fait comprendre que nous arrivons de plus loin, et les portes d’une terre chargée d’histoire s’ouvre alors à nous, à la nuit tombée.
 
Turquie
Nous ne faisons que quelques kilomètres avant de trouver un endroit pour stationner après avoir acheté une puce téléphonique turque et s’être rendu compte que le plus gros souci que nous rencontrerons dans ce pays est la communication.
Cappadoca
En effet sur deux minis supermarchés et trois magasins de téléphonie, nous ne rencontrons personne, toutes tranches d’âges confondues qui soit capable de parler autre chose que le turc, qui sonne à nos oreilles encore plus obscur que l’ougandais du nord. Contrairement à la Syrie, ils ne semblent pas comprendre ni nos mimes, ni nos dessins, qui ne les amusent même pas.
Nous nous rendons dès le lendemain, à la première grande ville sur notre route, Iskunderun, et nous constatons qu’il en est de même. Si bien que deux jours plus tard nous n’arrivons toujours qu’à sourire béatement aux deux mots que nous connaissons : méraba (bonjour) et Té Chék Kur édérim (merci).
C’est à ce moment que Suphi, un turc qui a vécu sa vie de coiffeur d’Arabie Saoudite jusqu’en Allemagne, vient frapper à notre porte et s’incruste gentiment dans la tortue pour nous raconter sa vie, il me propose de m’emmener avec son scooter pour trouver une puce 3G pour Internet, il nous faudra une bonne heure pour revenir avec une puce qui, malgré mon interprète de choc, ne fonctionne pas.
Suphi insiste pour que Nanou profite de son savoir faire, pour subir une petite séance d’épilation au fil de nylon. Elle accepte, ayant déjà tenté l’expérience à Taïpei ; Il poursuit, sans préavis, par un massage des épaules à l’aide d’une huile qui sent l’essence, et elle l’arrête, finalement, au moment où il tente de continuer le massage sur le bas du dos, et avant qu’il ne lui propose de lui faire le maillot avec les dents (ça Suphi comme ça!!!).
Ca Suphi maintenant!!!
Ils sont trop Ford ces turcs !!!
Sur ce, il nous demande deux litres d’essence pour les 500 mètres de scooter, et 5 euros pour l’épilation (serait-ce cela, le légendaire accueil désintéressé des Turcs, ou celui-ci prend-il ses vacances pendant la basse saison !!!).
Nous quittons Suphi et Iskunderun sur cette mauvaise impression, et prenons la route de la Cappadoce. En chemin, une longue série de garage Ford nous tend les clefs à molettes pour faire la révision. Il faut dire que la Turquie est le pays du Ford Transit, on en a croisé plus en quelques jours que de Buenos-Aires à Damas en trois ans.

Après quelques explications gestuelles, la Tortue est sur le pont, vidée de son huile, dépouillée de ses filtres et la transmission qui ne tenait plus que par un boulon gît sur le sol en attendant le devis de changement du support de fixation, l'attente est ponctués de trois ou quatre thés et de nombreux sourires qui me rassure sur l'hospitalité turque.
Dans ce pays, où tout nous semble cher par rapport au reste de notre voyage, c’est notre première bonne surprise : 15 euros de pièce et 7 de main d’œuvre, dans la foulée nous changeons, les plaquettes de frein, les quatre pneus arrières et commençons notre montée vers Gorème.
Ils étaient un pneu usés
Le paysage ressemble à notre campagne française, avec des champs ouverts et des cultures bien organisées. Les villes et les villages sont propres, modernes, un peu trop même, enlevant la dernière touche d’exotisme, que le froid n’avait pas encore réussi a supprimé.
Eksi Gümülser
Nous parvenons en fin d’après midi à Nigde, et continuons jusqu’au monastère troglodyte d’Eski Gümülser. Nous n’apercevons en arrivant qu’une barrière qui entoure une colline où paissent quelques moutons, et tout étant fermé, nous partons planter notre bivouac à son sommet.
Berger des grands airs
Le lendemain, nous visitons un des nombreux monastères creusés à même la roche, qui jalonnent les routes de Cappadoce, celui-ci comporte une cour  intérieure à ciel ouvert, autour de laquelle sont distribués, des cuisines, des réfectoires et une église entièrement peinte qui nous laisse admiratif.
Monastèrefresquesmonastère
Notre émerveillement va grandissant lorsque nous nous rapprochons de Göreme où les paysages sculptés par le temps qui laissent surgir des cheminées de fées et des vallons ondulés colorés là, par le jaune du soufre, là, par le rouge de la bauxite ou par le vert du cuivre.
Gorëme
Toute la ville est plantée de cônes de pierre transformée par les perses et les romains en habitation ; à coups de pioche, ils ont vidés la moindre falaise compacte de son contenu pour en faire des maisons et des églises, il est clair que l’invention du ciment ne vient pas d’ici. Désormais transformée en hôtel, en restaurant ou en agence touristique ces maisons troglodytes donnent à la ville une beauté et un charme, qui semble la faire sortir d’un conte de fée.
Gümüs Hôtel
 Nous trouvons refuge au pied de l’hôtel Elfi Star Caves (www.elifstar.com ), dont le patron nous propose gentiment de profiter de son wifi et de son électricité. Nous y entamons quelques séances d’école avant de visiter la ville.
Nous passons quelques jours à nous balader d’Urgup à Avenos, de monastère en vieille ville, et finissons notre séjour Cappadocien par le musée à ciel ouvert de Göreme, un véritable bijou de l’art religieux,  chaque pic et chaque pan de roche abrite une église troglodyte, richement décorée par des fresques, qui retracent tous les grands passages de la vie de Jésus, de ses saints et de ses apôtres.
Musée à ciel ouvert de Gorëme
Pris dans une tempête de neige, nous faisons un faux départ qui nous bloque deux kilomètres plus loin, sur les hauteurs de la ville, dans le parking d’un restaurant, qui cherchera jusqu’au lendemain, à nous prendre le plus possible d’argent pour stationner sur son parking.
Voyant la limite atteinte, le patron nous demandera de quitter rapidement les lieux mais c’est à ce moment que la tortue décide de ne pas redémarrer, et tout en m’engueulant avec le fils du patron, je sors ma batterie de secours, et en profite pour perdre les clefs des soutes et de la porte d’entrée, qui doivent certainement, être pendues à un clou dans leur resto, si vous voyez, lors d’une visite à Göreme, un trousseau de clefs de camping-car accroché au mur, ne laissez pas de pourboires, ces gens là ne les méritent vraiment pas.
Gorëme
Gorëme
Timothée qui découvre, en géométrie, les parallélépipèdes, commence à se languir de l’hexagone pendant qu’Océane rage de voir ses copines partir en classe de neige. De plus la locataire de mon ancien cabinet dentaire ayant décidé, malgré sa parole qui semble aussi volatile que la bonne humeur des restaurateurs de Gorëme, de me faire la mauvaise surprise de quitter le local qu’elle me louait, nous laisse subitement à cours de loyer, et nous oblige à prendre le chemin du retour pour faire l’état des lieux au mois de mai. Si vous connaissez un dentiste qui voudrait s’installer au Luc en Provence, sur la place du village, à partir du mois de juin, la place est chaude et je me ferai un plaisir de l’épauler pour son installation (Le local peut sinon accepter d’autres professions), j’offre le champagne à celui qui me trouve le locataire avec qui je signerai le bail.
Cependant nous ne pouvons pas prendre de suite le chemin de la Grèce, car la mère de Nanou et mes parents nous rejoignent fin janvier à Antalya. Nous décidons donc malgré la température hivernale de prendre, en les attendant, le chemin de l’Est anatolien.
Nous rejoignons Matalya, ville très moderne, où nous ne passerons que 48 heures, après la visite de l’ancienne ville au nord et des charmants petits villages qui y gravitent à quelques kilomètres au sud.
Nous y trouvons enfin l’accueil chaleureux et sincère dont nous ont tant parlé les voyageurs et les guides. Tout cela n’arrange pas mon diabète et ma tension, car nous nous retrouvons à longueur de temps avec une tasse de thé sucré à la main, les commerçants offrent des bouteilles d’eau aux enfants et tout le monde se presse quand nous cherchons notre route.
Celle que nous comptions emprunter est fermée pour cause d’enneigement, et nous faisons, par la route principale, un détour de 150 kilomètres pour nous retrouver à Khata au pied du Nemrut Dagi.
Thé
Pont sur la cendéré
Kadir, qui tient un camping, un hôtel et une agence de tourisme dans la ville, nous propose de nous faire le tour des visites intéressantes de la région avec son Ford transit dernier modèle, qui à ses dires peut se rapprocher à moins de 5 kms du mont où un roi mégalomane, fit sculpter d’immenses statues de lui, autour des dieux de son époque, qu’il considérait comme sa famille.Nous acceptons, afin de reposer un peu notre vieille tortue et partons avec lui vers le passé romain, mamelouk et hellénique du secteur.
Le Karakus Tumulus, où nous passerons 3 minutes trente autour de deux colonnes en ruines, le pont romain sur la Cendere, et un peu plus loin du château mamelouk  de Yeni, datant du XIII ème siècle, érigé face au site d’Arsamenia, datant d’une centaine d’années avant JuanCarlos
chateau
Après un rapide coup d’œil à la statue de Mithridate, fondateur de la ville, serrant la main d’Héraclès (les amitiés humano divine semblaient de mise dans la région), nous tentons, avec Kadir, de nous rapprocher le plus possible du pic du Nemrut Dagi qui culmine à 2150 m.
Neige
Malheureusement son nouveau transit 2009, chaussé de pneus aussi lisses que les pensées profondes de Ségolène Royal et Alain  Juppé réunis, nous laisse à 7 kms de notre but. Une petite discussion sur la révision du prix convenu pour la course, permettra de remettre un coup de fouet de plus de deux Kms à notre monture fatiguée, et nous commençons, avec un ami de Kadir, l’ascension des cinq restants, au milieu d’une tempête de neige débutante.
La première heure de marche amuse les enfants, qui ne souffrant pas encore du froid, se réjouissent du contact de la neige fraîche qui recouvre la route; La deuxième heure arrive à bout de leur excitation, et la tempête augmentant, nous les confions à notre guide pour rejoindre Kadir au véhicule, pendant que nous tentons de progresser dans la neige et le brouillard.
Titi de neige
Il nous faudra deux heures supplémentaires et un peu de chance pour rester sur le bon chemin, avant d’atteindre le centre d’accueil croulant sous un amas de neige. Malgré une bonne dose de volonté, je n’arriverai à faire qu’une centaine de mètres après le bâtiment, dans plus d’un mètre de poudreuse, et n’arriverai pas à atteindre les statues, que la faible visibilité ne me permettra même pas de repérer.
Nanou en neigeCentre d'acueuil
Epuisés et détrempés, nous retrouvons une heure et demie plus tard, les enfants qui digèrent encore leur sandwich et leur effort.
Urfa
Nous passons les deux jours suivant au camping pour avancer un peu l’école, avant l’arrivée des mamies à Antalya.
Prenant des chemins détournés, nous passons par Urfa, où un parking public nous accueille au pied de la citadelle et des jardins. La légende veut qu’ici, Abraham, immolé par le roi Nemrod, pour avoir tenté de détruire les divinités païennes.
Saniurfa
Il fut sauvé par Dieu, qui changea le feu en eau, et les braises en carpes, alors qu’Abraham était projeté dans les airs jusqu’au sommet de la colline où se dresse la citadelle, retombant sain et sauf sur un lit de roses (On ne peut pas leur reprocher de manquer d’imagination).
Nous grimpons jusqu’à la citadelle, pour admirer la ville et les jardins, où, dans le bassin qui jouxte la mosquée, nagent, effectivement, de belles carpes, non loin d’un souk très agréable, où nous finissons l’après midi.
Urfa
Reprenant la route de l’ouest, nous faisons un crochet par Halfeti, un village sur les bords de l’Euphrate, qui, il y a une dizaine d’années encore, vivait de l’agriculture et des vergers en terrasse, qui s’étalaient le long des rives du fleuve.
Halfeti
Halfeti
Aujourd’hui un barrage hydroélectrique a plongé les vergers, et une grande partie du village sous les eaux, et celui-ci ne compte plus que 500 âmes, qui cherchent, dans les deux mois de saison touristique, que leur accorde les températures de la région, une nouvelle voie pour ne pas déserter définitivement le village.
Nous stationnons devant la boutique de souvenir d’Hussein, qui en plus de quelques thés nous offre divers produits de sa boutique en guise de bienvenue. Puis, ayant au bout de deux jours épuisé les quelques mots de turc que nous connaissons, il part au village chercher Wolfgang, un étudiant en anthropologie liechtensteinois, qui fait sa thèse sur les conséquences du barrage au niveau des habitants de la région, et vit depuis quelques mois au village.
Par bonheur, il parle, turc, français, anglais, allemand et accessoirement Liechtensteinois, ce qui nous ouvre les portes qui nous empêchaient d’entrer réellement dans ce pays.

Nous pouvons enfin poser toutes les questions que nous emmagasinions sur les turcs et la Turquie.
Wolfgang
Il nous présente à la moitié du village et nous multiplions les petits thés et les cafés, tout en accumulant les propositions d’aide et pour que notre séjour soit le plus agréable possible.
Mosquée pour poisson
Un de ses amis nous emmène en bateau avec un couple franco turc de passage, jusqu’à son ancien village, en partie sous les eaux et entièrement abandonné, depuis la construction du barrage.
Il nous fait visiter avec émotion la maison qu’il a dû quitter en 2005, et le temps d’une promenade nous fait revivre la douceur des lieux au temps où il cultivait avec sa famille oranges et pistaches sur les rives du fleuves.
Dans le village abandonnée, coquillage et crustacés
fish Mosq
Un autre de ses amis nous a, pendant ce temps, branché sur le réseau électrique de son bateau et nous finissons la soirée en buvant quelques bières au magasin du village, d’où nous repartons avec 5 litres d’huile d’olive fraîchement pressées.
thé et amitié
Le calendrier avançant plus vite que la tortue, nous prenons la route de l’ouest et repassant par Tarsus, nous faisons un arrêt à notre excellent garage Ford pour faire changer un roulement, dont le bruit commençait à dépasser celui de l’autoradio.
luna park Mersin
La vue, au bord de l’eau, d’une fête foraine marquera notre première halte méditerranéenne, ou devrais-je dire « blanche », puisqu’en Turquie, la méditerranée s’appelle "mer blanche", par opposition à la mer noire au nord.
Après quelques grand huit, quelques tours de kart et une bonne nuit, nous commençons à serpenter la magnifique côte de la mer blanche.
On se croirait déjà revenus dans les plus beaux secteurs de notre côte varoise, là, où le droit immobilier, n’a pas encore réussi a prendre le pas sur la nature, des falaises entrecoupées de belles plages de sable, au bord des pins et des oliviers.
Nous croisons sur le chemin un cycliste coréen Charlie ( www.7LEE.com  ) parti pour 7 ans, il a démarré son voyage en même temps que nous et roule depuis quelques mois avec deux jeunes ingénieurs français qui vivent à Pékin, et rejoignent en un an Paris à vélo avec guère plus d’un euro par jour, mais sans caméra derrière eux.
Quelques kilomètres avant le château d’Anemur, c’est un couple de cyclistes irlandais Helen et Ed (www.helenanded.blogspot.com) partis pour un an qui croise notre chemin, et enfin deux jours plus tard, après la visite du château médiéval d’Anamur, les deux ingénieurs français Hubert et Karim (qui laissant par endroit Charlie sur la route, le temps de surfer sur le net, le rejoignent en faisant du stop avec leur vélo).
chateau blanc sur la mer blanche
Ebru, Charlie, Océ, Hubert, Denis, Timo, Karim et Nanou
Leur transport du jour sera la tortue et nous roulerons avec eux jusqu’à Alanya puis, après une bonne soirée trivial pursuit autour du monde, que l’équipe des enfants remportera haut la main, nous les emmènerons jusqu’à Antalya où Charlie, nous rejoindra avec Ebru, une cycliste turque, chez qui ils ont trouvé refuge.
Encore une rencontre très agréable dont le voyage nous a comblé, nous prenons rendez vous avec Elle à Istanbul, avec Hubert et Karim à Pékin et Avec Charlie autour de la terre, et partons négocier notre semaine de pachas à l’Hôtel où mes parents, et la mère de Nanou ont réservé.
Nous tombons presque rapidement sur un devis proche de notre budget hebdomadaire, et allons, en attendant l’arrivée des grands-mères et du grand-père, laver notre linge au camping le plus proche ( www.istanbulpansiyon.net ).
L’hôtel est un cinq étoiles légèrement vieillissant, comme il s’en égrène des dizaines entre Antalya et Side, avec piscine, hammam, spectacle, boîte de nuit et buffet à volonté, genre club Med. Dès notre arrivée, on nous affuble d’un bracelet montrant la catégorie de touristes que nous sommes (clan des pensions complètes), et que nous ne devons quitter sous aucun prétexte sous peine d’augmenter la facture finale de notre séjour.
Hotel LyraretrouvaillesHotel Lyra
Dès lors nous nous sentons comme étranger à nous même, et à nos habitudes de voyageurs, nous ne regardons plus le prix de nos envies en poussant la porte du restaurant, ou du bar: bières, whisky, raki, les expressos à répétition et petits chocolats, entre deux séances de piscines ou de hammam.
Une première entorse à la corne d’abondance qui nous nourrit du matin au soir, nous permet de visiter sous un beau soleil, un joli quartier d’Antalaya : la tour de l’horloge et les souks à touristes qui l’entourent,  j’ai dû louper quelque chose sur l’adhésion de la Turquie à l’Europe car tous les prix sont affichés en euros, et on nous regarde avec des yeux de merlans frits quand on demande l’équivalent en Lyres.
Antalya
Antalya
On se  promène jusqu’à l’ancien port, transformé en marina, où pullulent les bateaux  proposant des excursions à l’heure, ou à la journée, sur la belle blanche. Il est surprenant de remarquer à quel point les quartiers touristiques des vieilles villes du monde entier sont semblables : des ruelles pavées, où les anciennes maisons (ottomanes en l’occurrence) sont aménagées au rez-de-chaussée en bar cosy, restaurants ou magasins (vendant sac à mains, chapeaux, cartes postales et souvenirs en tout genre) et le premier étage souvent laissé à l’abandon laissant, ici, apparaître les anciennes avancées en bois qui se délabrent petit à petit.
Bien qu’entourés de multiples vendeurs de kebab, nous préférons le restaurant de la tortue qui sert un foie gras préparé par mon oncle traiteur et quelques fromages de chèvres du Berry, accompagnés par un excellent champagne.
Nanou et MummMamies and Co
Nous rentrons finalement à notre hôtel, rassasiés mais prêt à ne pas louper le buffet du soir, puisqu’il est compris dans notre pension (on est bien partis pour prendre une bonne dizaine de kilos en 8 jours, heureusement qu’il y a une salle de sport).
Le lendemain la pluie nous condamne au hammam et au tarot, agrémenté par quelques séances d’école.
Aspendos
Nous profitons du retour du soleil pour visiter les ruines d’Aspendos et de son magnifique théâtre romain, un des mieux conservé de la côte méditerranéenne et le jour suivant, le canyon de Koprulu à Selgé que nous n’atteindrons jamais à cause d’un pont dont l’étroitesse ne nous permettra pas de manœuvrer.
Aspendos
Cherchant à faire le tour du canyon, nous nous retrouvons plus de cent kilomètres plus loin sur des pistes avec quelques bras de rivières à traverser, et des cols enneigés que nous ne tenterons pas de franchir vu l’heure tardive, et la rébellion de notre repas du midi qui cherche à quitter le nid douillet de nos estomacs.
rivière
Nous retraversons donc les 150 kilomètres de montagnes ponctués d’arrêts techniques, d’ordre gastrique. Et retrouvons finalement après le coucher du soleil, le bar gratuit et le buffet à volonté de notre pension complète, où nous nous empressons de remettre tout cela à niveau.
Nous finissons la semaine entre le tarot et le hammam, et alors que nous prenons la route D’Istanbul avec mes parents, Marie-France reprend l’avion pour Paris.
rie-France
Cette nouvelle séparation, ne sera pas longue puisque, qu’après le départ de mes parents prévu le 17 février, nous avons décidé de rentrer en un mois en France afin de régler nos problèmes locatifs (back to the reality). Voire si la situation le nécessite, si on est obligés et qu’on n’a vraiment pas le choix et qu’on ne peut pas faire autrement, peut-être travailler (enfin je m’emballe, je m’emballe mais on n’en arrivera peut-être pas à des solutions aussi barbares).
Lyra
Ayant décidé de longer la côte, nous rejoignons Fetiye après 6 heures de pluie battante, dont deux à Kas dans un petit restaurant très sympa sur le port. La nuit portant conseil, nous rebroussons chemin le lendemain, pour nous rendre à Pamukkale au pied des ruines de l’ancienne citè thermale romaine de Hierapolis.
Melrose Guest House
Après un rapide tour du village, nous trouvons un charmant petit hôtel pour mes parents (le Mellrose guesthouse http://www.allgauhotel.com/) dont l’excellent wifi nous permet de prendre des nouvelles de la famille Rochefort que nous avions laissés à Petra, et qui sillonne actuellement les routes omanaises.
www.allgauhotel.com
Ceux-ci nous apprennent que les propriétaires de l’hôtel sont de très bons amis à eux, qu’ils passent voir à chacun de leur passage en Turquie, et l’accueil déjà très sympathique que nous avions reçu devient, dès lors, quasi familial, et nous nous retrouvons le soir à jouer avec toute la famille autour d’une table tout en prenant quelques renseignements sur le site que nous devons visiter le lendemain.
Les concrétions calcaires formées par les dépôts, lors de l’écoulement des eaux chaudes de la source thermale, ont formé des piscines naturelles (travertins) et tapissé toute la montagne d’un manteau blanc, qui donna le surnom de « forteresse de coton » à la ville de Hiérapolis fondée en 190 avant JeanneCalman  par les romains.
Hiérapolis
Malgré le manque d’eau, le tableau est saisissant et les quelques travertins remplis d’eau chaude,  forment des bassins d’un bleu clair qui ferait rêver bon nombre de piscinistes.
La visite de la station thermale romaine de Hiérapolis, qui domine cette meringue géante nous ravit : Le soleil accompagnant notre balade, au milieu de ce que les enfants appellent, dorénavant, encore des vieilles pierres.
Nous passons une nuit supplémentaire à Pamukkale en constatant la triste disparition de l’ours en peluche de Timothée, qui nous accompagnait depuis le départ en Cargo.
Notre majordome, Salvatore, lui avait offert au moment de notre arrivée à Buenos Aires. Surnommé Bibiloulou, ce dernier avait été le modèle favori de toutes les photos de Timo pendant trois ans, espérons que la Turquie soit pour lui une véritable terre d’accueil, comme le souhaitait Mevlana dans ses poèmes, ou que nous le retrouvions dans l’immense fouillis qui compose les placards et la soute des 15 m² de notre maison ambulante.
Nous retournons sur la côte aux alentours d’Izmir, afin de rejoindre le site d’Ephèse, arrivant tardivement, nous allons trouver refuge à une vingtaine de kilomètres sur la côte dans la charmante petite ville de Kusadasi, qui aux dires des guides de voyage est un repère de brigands peu sympathiques. Nous y trouverons des gens adorables qui embelliront la jolie promenade que nous ferons le lendemain sur le port et dans la ville. L’hôtelier où mes parents trouvent refuge, insistera pour nous faire prendre pension avec eux, ils se mettront en quatre pour nous brancher à leur réseau électrique proche de l’entrée de l’Hôtel pour que nous bénéficiions du wifi de l’hôtel.
Kusadasi
Ephèse est une magnifique ville romaine, la mieux conservée de toutes celles que nous aurons visité, et le soleil semble s’être accroché aux roues de la tortue, afin de modérer l’agacement que nous procure l’augmentation des prix des entrées des sites touristiques.
Ephèse
Ceux-ci ont doublé en deux ans ce qui met à 10 euros l’entrée par personne, dans la plupart des sites ; La partie la plus intéressante, ou les objets trouvés sur place étant, pour leur part, isolés dans une salle ou un secteur du site, dont on fait également payer l’entrée en supplément, y compris pour les enfants.
Ephèse
Pour le coup, chaque visite nous revient, avec mes parents, à prêt de cent euros, et à ce prix là, les toilettes à l’intérieur du site restent payantes (cher Vespasien, si l’argent n’a pas d’odeur, il commence à avoir le goût du j’en ai marre d’être pris pour un touriste américain). Nous ne sommes pas encore en Europe, mais il est clair qu’on s’en rapproche à grand pas.
Dog singer
Nous laissons les vieilles pierres d’Ephèse, pour celles de Troie (dixit les enfants) et il nous faut, ici, beaucoup d’imagination pour reconstruire mentalement, la forteresse imprenable, vieille de cinq mille ans, qu’Ulysse mis à sac avec son cheval, car il n’en reste qu’un puzzle géant, dont la plupart des pièces est encore enfouie sous la terre.
Ulysse le Cow-boy de Troie
Las de cette côte égéenne, qui attend les touristes européens de pied ferme et le porte monnaie grand ouvert, nous filons vers l’ancienne capitale du pays, Istanbul. Ayant traversé, par ferry, le détroit des Dardanelles à Canakkale, nous longeons la rive nord de la mer de Marmara, avant d’entrer dans cette mégalopole de 17 millions d’habitants, ayant autrefois, pris le nom de Byzance, puis Constantinople.
Orient Hotel
Nous sommes depuis la sortie du ferry sur le continent européen et arrivée à Istanbul, c’est de ce côté que nous y chercherons un hôtel pour mes parents, de rencontres sympathiques en aides locales, nous finissons notre course dans le quartier touristique que nous voulions éviter, coincé entre la mosquée bleue, Sainte-Sophie et le palais de Topkapi, nous trouvons au fond d’une impasse, une place gratuite pour la tortue et frappons à toutes les portes des hôtels pour négocier le prix des chambres, nous terminons notre course à l’Orient Hostel (www.orienthostel.com) , ce n’est de loin pas le plus luxueux dont nous ayons poussé la porte, mais le meilleur rapport qualité prix que nous aurons trouvé, et la jeune équipe qui le gère est franchement très sympathique, et d’une efficacité redoutable.
Nous prenons, étant donné le prix qu’ils nous font, également une chambre, et tentons d’organiser avec mes parents la visite de la ville en deux jours, il va sans dire que nous n’aurons finalement le temps que de faire un tour rapide à la mosquée bleue, une éprouvante visite du palais de Topkapi, bondé de touristes, qui en file indienne, attendent la possibilité d’entrer dans une salle.
Ste Sophie
Quand ils ne font pas la queue au guichet pour payer le supplément pour visiter le harem, où le sultan Murat III fit naître ses 112 enfants.
HaremTopkapi
TopkapiHarem
Nous y découvrons de très belles céramiques et des cheminées à foyer ouvert d’un très joli style, la visite écourtée par la pluie nous laisse le temps de partir au souk des épices, et nous passons le lendemain à nous perdre dans les allées du grand bazar entre les tapis, les lampes et les céramiques. Nous finissons par les allées extérieures, dédiées aux vêtements et aux chaussures, afin de compléter nos gardes robes de survêtement et de baskets.
Grand Bazar
Sucrerie
Turkish Viagra
Grand Bazar
Puis l’heure étant venue, après quelques kebabs et pides (pizzas turcs) et autres spécialités turques,nous accompagnons finalement mes parents à l’aéroport pour qu’ils retournent dans le grand froid hexagonal.
Resto
Marron chaud
Rue du commerce
Nous contactons Ebru, la prof d’anglais turc que nous avions croisée à Antalaya, et nous trouvant bien au chaud dans notre petite chambre d’hôtel, nous la gardons une nuit de plus, puis une autre et une autre encore.
Cireur
si bien qu’une semaine plus tard nous sommes toujours entre la terrasse de l’orient hostel qui domine le Bosphore, et les sites touristiques de la ville. Ebru se plie en quatre pour nous faire voir ses quartiers préférés, la tour Galata et le café terrasse de l’hôtel Anemon, les rues piétonnes qui descendent jusqu’à Taksim et abondent de tavernes à bières et de restaurants de poissons.
Tavla, Tavli, Backgammon, Jacquet
Le côté oriental que l’on atteint d’une traversée de bateau, où un ami dentiste d’Ebru, libère Nanou d’une douleur dentaire, qui l’empêchait de profiter pleinement des kumpirs d’Ortakoy (pommes de terres chaudes farcies) et des gaufres fourrées au nutella et aux fruits frais, qui ravissent Timo.
Ebru
Lorsque notre charmante guide est à ses cours d’anglais, nous prenons sa place pour revisiter les allées piétonnes de Beyoglu avec Marc et son fils Jean, qui ont pris l’ancienne chambre de mes parents face à la nôtre.
Jean et Marc
Ils sont lillois, et nous pouvons fêter, bien que nous ne nous intéressions pas au foot, la victoire de Lille en direct sur les écrans voisins de notre restaurant de poisson, sur une des équipes d’Istanbul. Notre serveur a l’indélicatesse de rejeter sur la table le billet qu’on lui avait laissé en pourboire, en disant que ce n’était pas suffisant (il a certainement mal digéré la victoire des français).
Ebru nous emmène en bus jusqu’à l’embouchure de la mer noire pour déguster des sandwichs d’anchois frais grillés, puis retraversant à nouveau le Bosphore, nous partons visiter la citerne basilique construite au VI èmè siècle par l’empereur bysantin Justinianus.
Citerne Citerne Medusa
C’est une citerne rectangulaire de 9800 m², pouvant contenir cent mille litres d’eau, le plafond voûté est soutenu par 336 colonnes en marbre de 9 m de haut dont certaines possèdent d’étonnantes sculptures.
Milliye
Finalement, après de nombreuses hésitations, nous prenons sagement la direction du nord de la Grèce dans l’idée d’aller passer la fin du voyage dans les Cyclades.
Un journaliste, ami d’Ebru, vient, avant notre départ, faire un article sur notre voyage pour un des principaux quotidiens nationaux, et nous tentons de passer la frontière avant de devenir célèbres aux quatre coins du pays.
Turkiye
Sortant de la ville, nous apercevons un camping-car varois, et après un détour pour aller à leur rencontre, nous quittons ensemble la ville pour chercher un bivouac au bord de l’eau.
Ils sont de Rocbaron à une dizaine de kilomètres de notre maison, et ont démarré depuis un mois, un ambitieux tour du monde d’un an (http://polackandcocctour.blogspot.com  ), mais se retrouvent ralentis devant leur premier changement de programme face l’impossibilité de traverser le Pakistan pour rejoindre l’Inde.
On leur raconte notre parcours qui leur ouvre de nouveaux horizons et passons deux nuits dans la campagne stambouliote qui se résumera à un bord de mer, collé à un camp militaire, et une station service, où nous partagerons notre temps entre les discutions de voyages et Internet.
Ils recherchent un cargo pour l’Inde, pendant que nous rêvons de soleil en consultant les billets low cost à destination de l’hémisphère sud.
N’en déplaise à Jean-Luc, je suis fixé sur la date du retour fin mai, pendant que Nanou aimerait poursuivre le voyage et continuer à découvrir d’autres pays et d’autres paysages.
Voyage voyage

Ayant épuisé toutes les possibilités aériennes au départ d’Istanbul, nous continuons sur la frontière grecque au matin du troisième jour, pendant que que Frédérique, Brigitte et Quentin retournent à Istanbul récupérer leurs visas indiens.
La sortie de la Turquie se fait en 1 minute trente, juste le temps de tamponner nos 4 passeports et nous pouvons rejoindre l’union européenne.

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