OMAN Du 14 Septembre au 5 Novembre 2009
carte


Sultanat d'Oman

Oman (fr)

drapeau

armoirie

Devise nationale : aucune

Langue officielle

Arabe

Capitale

Mascate
23° 36' N, 58° 37' E

Plus grande ville

Mascate

Forme de l’État
 - Sultan

Sultanat
Qabus ibn Said

Superficie
 - Totale
 - Eau (%)

Classé 82e
309 500 km²
0 %

Population
 - Totale (2008)
 - Densité

Classé 135e
3 331 640 hab.
9,38 hab./km²

Indépendance
 - Date

Expulsion des Perses
1744

Gentilé

Omani

IDH (2004)

0,810 (élevé) ( 56e)

Monnaie

rial omanais (OMR)

Fuseau horaire

UTC +4

Hymne national

Ya Rabbana Ehfid Lana Jalalat Al Sultan

Domaine internet

.om

Indicatif
téléphonique

+968

Après que nous nous soyons acquitté de 12 euros par visas, les douaniers omanis nous imposent une inspection anti-alcool (je ne sais pas si elle est dû à notre plaque française ou à notre tête,  mais ils passent à côte de notre bouteille de pastis en pensant que c’est une bouteille d’huile d’olive).
Oh Man
Khanjar
Yeah Men
Notre premier contact avec les omanais se fait dans un petit super marché où le gérant vient nous aider à trouver de quoi remplir notre caddie, puis envoie son employé au coin de la rue pour acheter les recharges de carte téléphonique qu’il nous fallait, et finalement nous accompagne à notre camping-car, en nous offrant toute la panoplie de casquette et de verre publicitaire qu’il avait (c’est juste un petit message subliminal pour le Leclerc du Luc en Provence et l’Intermarché du Cannet des Maures où nous devrions faire nos courses à notre retour).
Les frigos remplis, nous filons droit sur le golfe d’Oman en direction de Mascate la capitale.
Souq de Mutrah

D’autres voyageurs y sont depuis une bonne semaine, en attente d’un visa pour l’Iran et nous les retrouvons, après avoir récupéré les cours du Cned à l’ambassade de France.
Nous passons avec eux la journée au souq de Muffrat à parler de la chaleur, et a choisir leur future destination à pile ou face.
Ils sont belges (www.angaleo.com ), ont trois enfants de 3 à 6 ans, et voyage avec un gros camion MAN de 14 tonnes, équipé d’un système de projection vidéo, amenant à tous les enfants du monde, un cinéma ambulant. Ils ont déjà fait salle pleine le long de l’Afrique pendant leur première année de voyage, et hésite entre l’Inde et le moyen orient pour continuer.
Entre leurs hésitations et les jours de fermeture de l’administration française, la fin du ramadan et le début des fête du laïd, nous nous retrouvons stationné à l’ombre du parking couvert du Carrefour, connecté pendant deux jours entre le robinet d’eau et la prise électrique, un camping pur béton tellement bien que nos nouveaux amis belges nous y rejoignent. Nous passons donc, ici, deux jours à boire et manger autour de nos ordinateurs pendant que les enfants jouent entre l’allée Z et l’allée Y du parking (ça fait rêver non !!).
Les bivouacs de rêve
Izki
Nous faisons un tour à l’ambassade pour faire renouveler nos passeports qui n’ont plus de pages libres et après avoir fait une excursion jusqu’à l’allée X du parking, nous allons faire un tour sur la plage de Yiti au sud de la ville. Nous passons la soirée à cacher nos bières à chaque passage de voiture et une nuit sous le ciel étoilé, puis retournons dans l’allée Z de notre parking préféré avant de prendre, avec les belges, la route du sud pour rejoindre la côte Est. Nous faisons une pause déjeuner à Izki, qui malgré son nom rafraîchissant nous accable par sa chaleur, et atteignons à la nuit tombé, le bord de mer après 380 Kms de route et 30 Kms de piste de sable.
Au réveil nous sommes entourés de pêcheurs qui reviennent de la mer avec des sacs chargés de grosses gambas, que nous négocions à 3 euros le Kg puis nous partons derrière les roues du 14 tonnes d’Angaléo chercher le point Gps qu’un de leur ami belge leur a donné.
Le bivouac est paraît-il superbe mais nous passerons la journée entière à chercher la piste de sable, effacée par les vents, qui y mène.
Oh mon bateau
Nous trouverons finalement ce petit coin de paradis à la tombée de la nuit, ayant laissé le camion partir seul en éclaireur, après deux ensablements de tortue et une traction par l’arrière où la tortue, telle une branche accrochée à l’arrière d’un camion trop puissant, se balançait de droite et de gauche pendant un petit kilomètre creusant dans le sable, contre son gré, des sillons propres à faire passer des lignes à hautes tensions jusqu’à la mer.
Ensablement
Nous passons deux jours à passer de l’eau de la mer à la table de camping, que Catherine alimente de bons petits plats (comme dit Nicolas : la cuisine belge n’est autre qu’une cuisine française améliorée…..) la température est redevenue quasiment idéale, fraîche la nuit et estivale le jour, seul le vent viendra griser nos heures de farniente et nous empêcher de monter l’écran géant de cinéma que leur camion transporte aux quatre coins du monde.
ça creuse tout ça
Malgré la qualité de l’endroit, le départ est inévitable, le père de Catherine les attend à Mascate et nous ne nous sentons pas de retraverser sans assistance ce désert, les pistes sont à moitié effacées et le reste n’est que sable mouvant sous une épaisse croûte de sel.
La recompense
Grâce à notre ami Gertrude Pad Souci, nous retrouvons tant bien que mal nos traces de l’avant-veille et une quarantaine de kilomètres plus loin nous retrouvons l’entrée de la piste balisée, qui mène à la ville de Muqrut.
Des p'tits trous
La tortue aimant les fables, devance le lièvre de 14 tonnes, qui la faim venant, décida de casser la croûte (de sel) et s’enfonça à 500 m de l’arrivée dans les sables mouvants de Barr al Hickman.
Nicolas à peine arrivé en terre omanaise y a donc déjà fait son trou, et quel trou !!
La roue arrière droite du camion y tient tout entière et ce dernier repose sur le châssis  qui l’empêche de s’enfoncer d’avantage
A l’instar des accidents qui animent nos autoroutes sur le chemin des vacances, le malheur attire la foule et, les pécheurs lâchent leurs bateaux pour venir rigoler de la situation ; Seul deux d’entre eux, nous prennent par moment les pelles des mains pour soulager nos vieilles articulations, les autres ne semblent être venus que pour pêcher loin de leur filets.
Nous installons les plaques de désensablement vers l’avant, mais le camion ne fait que s’enfoncer un peu plus ; nous tentons la même opération vers l’arrière, le camion réussi à sortir de son trou, mais dans la précipitation nous ne le rebouchons qu’à moitié et il y revient comme au creux d’un nid douillet.
toujours des p'tits trous
Superdenis
Nous continuerons avec Nicolas et quelques bras volontaires durant près de deux heures, pendant que les filles parties avec Saïd, un autochtone, qui fier de ses deux conquêtes occidentales, fera le tour de sa ville natale, à une trentaine de kilomètres, pour dénicher un engin susceptible de faire le déplacement pour venir en aide à des voyageurs intrépides.
Ayant baissé les bras depuis une bonne demi-heure, les spectateurs à l’affût du désespoir de Nicolas tentent de lui soutirer 1000 euros pour sortir le camion de son ornière, et c’est alors que……. les filles sont arrivées eh eh, telle la cavalerie (qui pour une fois arrive à temps), accompagnée d’un énorme tractopelle Caterpilar et un chef de chantier qui  parlent parfaitement anglais.
Il ne mettra que cinq minutes à remettre le cinéma roulant sur le dur et n’acceptera même pas le remboursement de l’essence qu’il a mis dans son engin pour venir. Pendant que les mercantiles badauds retournent à leurs poissons, nous continuons jusqu’à la ville la plus proche pour nous remettre de nos émotions devant un riz poulet et un verre d’eau.
La solution des filles
Le cinéma s’en retourne sur Muscat pour y rejoindre le grand père de Gabin, Léonor et Anatole et mettre le camion sur son container qui doit partir 4 jours plus tard, le 29 septembre, pour Mumbaï.
dromadaire
Nous continuons, pour notre part, un des plus long trajet que nous ferons en une journée, afin de traverser sans s’arrêter le désert du Roub al-Khali qui nous sépare de Salaalah ; La route est droite, brûlante, parfaitement asphaltée et totalement déserte, nous n’y croiserons qu’une dizaine de voitures et autant de dromadaires.
En arrivant du nord, nous sommes sur un plateau qui culmine à 1800 mètres, et l’on voit au loin les nuages chargés de pluie qui, comme nous, viennent de l’Inde ; ils s’accrochent au relief, délimitant en contrebas des canyons verdoyants à l’ombre des cumulus, si nous avions pas tant souffert de la chaleur, on râlerait presque d’avoir trop froid sous un ciel couvert.
Nous passons deux jours, sur la plage, garé entre deux cocotiers pour rattraper le retard scolaire de ces derniers jours et remettons à plus tard la visite de cette région du Dhofar.

On se rapproche de l’anniversaire de Nanou, et après avoir fait les courses au supermarché de Salaalah, je me mets en quête d’un moyen de dégoter une bonne bouteille pour accompagner son repas d’anniversaire.
Salalah
Tâche délicate pour des voyageurs, puisque ici, seul les grands hôtels et les expatriés ont des licences les autorisant à acheter, dans un dépôt de l’enceinte militaire de la base aérienne, une quantité limitée d’alcool.Nous tentons le cinq étoiles le plus côté de la ville « Le Hilton » et après une courte discussion à l’accueil, on me renvoie vers le jeune manager des restaurants de l’hôtel. Teun est hollandais et me propose de m’accompagner, son travail terminé, jusqu’au dépôt, afin que j’achète sur sa carte perso le breuvage interdit.
Teun et Soizic
Devant les prix raisonnables, et abusant de la gentillesse de Teun, je ressors du magasin avec six bouteilles de grand cru, et un cubi de blanc de 5 litres.
Sa générosité naturelle se poursuivant, il nous invite à boire un rosé d’anjou à son domicile, une immense maison sur les hauteurs de Salaalah avec un toit terrasse où trinquons avec Soizic sa fiancé française, à grand renfort de saucisson sec et de vieille mimolette (il faudrait que vous soyez, comme nous, privé de saucisson sec et de fromage pendant plusieurs mois pour comprendre l’euphorie de nos papilles gustatives surtout quand le vin qui l’accompagne est excellent).
Un coup de fil de nos cinéphiles belges spécialistes des sables mouvant , nous apprend que leur bateau est retardé de 10 jours, ce qui leur laisse le temps de faire les milles Kms qui nous séparent pour visiter le sud du pays avec nous.
Ils nous rejoignent à Mirbat, où nous avons établis notre campement sur la plage à deux pas du port de pêche, d’où un va et viens journalier de Dhows (bateaux de pêche et de commerce omanais) aiguise notre curiosité, surtout que le frigo est vide et qu’aucun marché local ne semble satisfaire notre cuisinière en chef dont c’est l’anniversaire.
Mirbat
Nous partons donc tenter d’acheter quelques kilos de crevettes bon marché, et quelques calamars à l’arrivée des bateaux. L’activité semble avoir démarré depuis une bonne heure lorsque nous atteignons le premier quai où se battent en duel deux calamars et trois poissons-chats.
Si j'avais un marteau

Derrière la première ligne de camion qui sépare les deux quais l’effervescence paraît être à son paroxysme et nous apercevons aligné une dizaine de requins marteau de bonne taille alignés militairement à même le sol.
Passant entre les marins et les acheteurs nous débarquons au milieu d’un carnage incroyable, la pêche pratiquer ici, deux mois par an est celle du requin et sans aucunes discriminations de genre et de race, ils sont ramassés par centaine, à grand coup de filet.

Nous assistons éberlués au déchargement de la plus grande pèche réalisé au port de Mirbat, près de 8 à 900 grands prédateurs s’alignent progressivement sur le béton cherchant acquéreur pour quelques 150 dollars pièce (sans compter quelques beaux spécimen d’espadons de plus de trois mètres).

Nous y rencontrons Abdallah, un acheteur local, qui nous explique la chaîne de distribution qui prend en grande partie la direction de la Chine, où le requin tient bonne place dans la chaîne alimentaire. Il envoie, pour sa part, ses emplettes dans la région de Raz al Hadd plus au nord, où une usine de salaison, sèche, prépare et conditionne les prédateurs pour une vente locale..
Titi au pays des requins
Il est frais mon poisson, il est frais
Après nous avoir offert deux thons, sortis d’un bateau qui ne lui appartenait pas, il vient nous rejoindre, le soir, à notre bivouac pour finir la discussion autour des bougies d’anniversaire de Nanou.
Cherchant un bivouac tranquille au bord de l’eau, nous reprenons le chemin des pistes et du sable à l’Est de Mirbat et installons au bord des rochers nos deux véhicules.
cinema
Pendant que les enfants cherchent des langoustes sous les algues, Nicolas et Catherine, installent leur cinéma en plein air, et nous convient à une projection privée de la dernière croisade d’Indiana Jones face à la mer d’Oman.
Tout est monté en moins d’une demi-heure : un écran de quatre mètres sur  trois, un Barco digne d’une salle de spectacle parisienne, la sono qui va avec et une grande envie de faire plaisir.
angaleo
Nous débouchons pour l’occasion une bouteille de St Emilion 2003, et nous laissons porter par la chevauchée d’Arrison Ford et Sean Connery dans le désert jordanien, qui nous attend dans quelques mois.
Le lendemain, la pêche miraculeuse à la langouste n’ayant pas rempli nos paniers nous retournons faire le plein des frigos et des réservoirs à Salaalah.
Indiana Jones
Nous faisons une halte au site de Khor Rouri, reste de l’ancienne ville qui était, il y a deux mille ans un des plus important port de commerce de la terre, et même si les quelques murs qui tiennent encore débout n’ont rien d’exceptionnels, le site, et surtout sa situation face à la baie sont magnifiques.
Khor Roury
Après une nouvelle nuit sur notre plage préférée de Dhariz Sur à Salaalah, nous montons chercher la fraîcheur des montagnes vers Tawi Ataïr où nous passerons deux nuits et deux jours au milieu des champs où paissent vaches, moutons, chèvres et dromadaires. Les journées passent à vitesse grand V entre l’école, les enfants, les discussions franco-belges et Internet que nous avons désormais en permanence grâce à notre modem USB 3G.
Tawi Attair
Le bateau de nos amis s’annonçant pour les prochains jours, nous redescendons de nos montagnes et partons pour les derniers jours qu’il nous restent à passer ensemble à la plage de Moughsail où des évents rocheux crachent comme une baleine des jets d’eau dans un impressionnant grondement souterrain.
Nous serons délogés de notre bivouac par les jeunes du village voisin, venus jouer au foot jusque tard dans la nuit, qu’il finiront en emportant les chaises de camping de nos amis. Nous quittons nos amis qui filent à Mascate prendre le chemin de Mumbaï pour démarrer leurs aventures indiennes, et partons, pour notre part, jusqu’à la frontière du Yémen, prenant, en fin d’après midi, « la route furieuse » qui avec ses 10%  de déclivité nous transporte rapidement sur le plateau rocheux qui mène au pays des rastas (le Yeah Men).
Mughsail
La route furieuse
On a pour construire cette route en 1988, déplacé 6,4 millions de tonnes de rochers afin d’y répandre 160 000 tonnes d’Asphalte. Nous faisons demi-tour devant le poste de police et bivouaquons à flanc de montagne, une promenade matinale nous montre qu’en contre bas (environ 1000 mètres) une piste semble arriver jusqu’à une série de plages sauvages.
Nous décidons de trouver le chemin qui conduit à ce petit paradis qui ne figure sur aucune carte et aucun guide.
Nous n’aurons que 5 kms à faire pour trouver l’entrée de la piste qui descend de façon inquiétante jusqu’à une petite vallée où broutent quelques vaches, des chèvres et un troupeau de dromadaires.
Arrivés au niveau de la mer, la récompense ne se fait pas attendre, les plages de sable blanc désertes s’enchaînent, habitées principalement par des vaches qui passent leur temps à contempler les rochers qui s’éparpillent dans les eaux cristallines de la mer d’Oman.
En fait la piste, et le secteur, ont été aménagés il y a moins d’un an, et seuls quelques pêcheurs et bergers se partagent ces paysages magnifiques.
Faysal
A la pèche aux crabes, crabes, crabes
Nous partons immédiatement à la recherche de notre dîner, au milieu des rochers où courent une multitude de crabes, dont une petite dizaine finiront ébouillantés dans notre casserole.
Pour la première fois depuis le début de notre voyage nous sommes interpellés par un autochtone qui  s’inquiète de la pollution que nous pourrions laisser sur les lieux, sans même descendre de son 4x4, il remarque nos poubelles bien ficelées, accrochées à l’arrière de la tortue et repart aussi vite qu’il était arrivé.
Sur la plage abandonée...
Nous profitons de l’endroit jusqu’à l’épuisement de nos stocks de nourriture, et de notre bouteille de gaz, et reprenons la piste avec la même inquiétude qu’à la descente.
Nous retrouvons Teun et Soizic à Salalah, pour un petit repas au bord de l’eau, Teun en profite pour remplir notre frigo de Heineken pendant que je pars à la recherche d’une usine de gaz avec Soizic.
Nous arrivons sur les conseils de Teun à une station de remplissage où, avant que je n’ai pu dire le moindre mot, un employé s’est déjà emparé de ma bouteille argentine, sans la regarder, comme s’il en voyait tous les jours.
Le temps que j’essaie de le suivre, je suis devant les bureaux, où un homme, sur le pas de la porte me demande 1 Rial (1 euro 70), et alors que je finis de trouver ma monnaie je m’aperçois que la bouteille remplie a déjà regagné l’arrière de la voiture de Soizic.
Nous finissons la visite du Dhofar par le musée de la ville, séparé en une section maritime et une dédiée à l’encens qui participa à la prospérité d’Oman dans l’antiquité.
Encens
privé de désert
Et après un très bref passage sur la tombe de Job (sans intérêt pour les non travailleurs que nous sommes), nous reprenons la route du nord en longeant  cette fois la côte. Cet itinéraire nous rallonge de quelques dizaines de kilomètres, mais nous permet de faire des pauses nocturnes rafraîchies par les vents marins.

Nous traversons des régions d’extractions de pétrole où, paradoxalement comme à Comodoro en Argentine, les stations services sont rares, nous retrouvant aux abords de la péninsule de Barr al Hickman, nous évitons les sables mouvants, et partons directement le long des marais salants, jusqu’à l’embarcadère du ferry pour l’île de Masirah.
Quelques voitures attendent déjà sur le quai, et à l’approche du ferry, toutes démarrent, chacune tentant d’être la première à embarquer.

J'ai pas si ils ont des idées mais ils ont du pétrole
Ferry zet à la tortue Nous attendons, quant à, nous notre tour, et nous intercalons entre un minibus et un dromadaire. Tout s’est fait assez rapidement, et le seul véhicule qui n’a pas réussi à embarquer est un trente tonnes, qui livre de l’essence sur l’île.
Celui-ci, très mécontent, fait valoir le fait qu’il était le premier sur le quai, et après quelques montées de voix, tout le monde retourne sagement sur le quai, laissant le ferry et son unique passager rejoindre l’île en éclaireur.
Nous arrivons finalement à bon port, malgré un léger différent sur le tarif, le patron voulant 20 rials alors que je ne lui en offre que la moitié, par chance, un minibus en panne de batterie, empêche le débarquement du ferry, et ma batterie de rechange, libère les opérations. Résolvant, du même coup le différend financier qui m’opposait au patron du bateau.
L’île, aride et déserte en son centre, vit sur ses côtes, d’où les pêcheurs s’en vont chercher poissons, calamars et langoustes à grand coup de filet.
Nous nous installons sur une plage où Timo passe son temps à récolter, des carapaces de tortue, des vertèbres de baleine et des crânes de dauphin, pendant que nous prospectons chez nos voisins pêcheurs, afin de remplir le frigo de mon crustacé préféré.
Tortue
Langoustes
Au bout de deux jours, Mohamed nous vend quatre langoustes d’un kilo chacune pour 20 euros le tout, et pour compenser le prix exorbitant qu’il nous demandent, en rajoute gratuitement quatre de 500 grammes ainsi qu’un poisson de plus de trois kilos qui nous fera le repas du midi.
Titi à la plage
Nous voilà prêts pour trois excellents repas qui nous permettront de finir nos derniers stocks de vin.
L’odeur des langoustes et de la boisson interdite, fera venir sur notre campement les premiers touristes que nous aurons croisés depuis notre arrivée en Oman.
denis reporter
Didier, un pharmacien parisien à la retraite, en reconnaissance pour préparer un voyage à moto avec des amis, accompagné de Mauro, un italien qu’il a rencontré la veille et qui, pour voyager, délaisse 6 mois par an, l’hôtel qu’il possède au Brésil.
coucher de soleil sur Masirah
Didier connaît notre site pour l’avoir consulté il y a quelques mois, il fait depuis peu partie d’ABM, une association de voyageurs et nous discutons ensemble du plaisir de ne rien faire jusqu’au coucher du soleil.
Didier et MauroMasirah
Le lendemain, ils nous conduisent de l’autre côté de l’île au bord d’un lagon miniature qui se vide à marée basse, permettant ainsi de se promener, au milieu des flaques d’eau turquoise, où nagent quelques raies pastenagues jusqu’à un jardin de coraux de toutes les couleurs.
La plage à Didier
Raie
Nous dégustons face à ce petit paradis, avec Didier et Mauro, les quatre langoustes qu’il nous reste, et la dernière bouteille de Muscadet que nous avions achetée à Salaalah.
corauxcorauxcoraux
Nous passons la journée suivante de la salle de classe, à l’eau cristalline du lagon, des pêcheurs venus troubler la tranquillité du lieu, s’excusent en nous donnant notre repas du midi, puis nous quittons les lieux pour faire les pleins d’eau et de gasoil afin de prendre le ferry de retour dans la soirée.
Fort de notre premier passage à 10 rials nous imposons le retour au même prix et atteignons la rive continentale à la nuit tombée, l’ancien port d’embarquement nous servira de bivouac et nous partirons en direction de Raz al Jinz le lendemain matin.
Raz al Jinz, à 120 Kms au nord est le lieu de ponte le plus important pour les tortues vertes, la route côtière qui y mène est en construction sur une cinquante de Kms et traverse successivement, en longeant une mer turquoise, des déserts de sable et de pierre de toute beauté.
Nous atteignons le centre d’observation des tortues dans l’après midi et réservons notre place pour le soir au milieu d’une soixantaine de touristes (qui comme nous, veulent piétiner la nurserie de nos reptiles préférés).
C'est désert
Tortue
Le centre, qui fait également hôtel restaurant et magasin d’artisanat, est tenu par un Kenyan, d’origine britannique qui organise deux visites guidées par nuit afin d’observer tout le processus de ponte des tortues.
A vingt et une heure, contre cinq euros, un guide nous conduit lampe à la main jusqu’à la plage, à notre arrivée, sur le sable, une tortue de plus d’un  mètre est en train de creuser un trou plus grand qu’elle, en avant du lieu où elle a déposé ses œufs. Elle a en fait déjà pondu, recouvert ses œufs sous plus de cinquante centimètres de sable et fabrique actuellement, un leurre pour les prédateurs qui rôdent aux alentours (renard, oiseaux et crabes).
Les tortues effectuent, sur les plages où elles sont nées, trois pontes, espacées de quelques semaines chacune, et ce tous les trois ans à partir de leur trente-septième année (suivez bien où j’fais une interro surprise).
Elles sont des milliers à venir sur ces 40 Kms de plages déposer, à chaque fois, une centaine d’œufs dont seulement deux où trois survivront pour maintenir cet espèce qui vivait déjà aux temps des dinosaures.
Nous suivons quelques bébés tortues d’une ponte précédente, qui cherche leur chemin vers la mer, guidés par la lueur de la lune et à défaut par la lampe électrique de notre guide.
ça creuse
Tortue
Vingt mètres plus loin une autre mère tortue est en train de déposer ses œufs dans le trou qu’elle vient de creuser, nous allons à tour de rôle contempler ce spectacle en essayant de ne pas écraser les bébés qui sortent par dizaine pour tenter leur chance dans les vagues.
Une fois la période de ponte passée, les tortues partent pour un long voyage qui les mènera d’Oman en Inde puis aux Philippines, avant de rejoindre l’Australie et revenir pondre en Oman.
Cette visite organisée par le jeune centre qui n’a que deux ans me laisse sur le coup perplexe quant à l’influence de ce flot touristique qui vient piétiner les plates bandes de nos amies à carapace.
Je ne manque pas de poser la question le lendemain au gérant des lieux qui me raconte l’indiscipline qui régnait avant la mise en place du centre.

Les gens venaient par dizaine, lampe torche à la main se prendre en photo, assis sur la carapace des tortues qui pondaient leurs œufs, leur envoyant des grands coups de flash à longueur de nuit et perturbant le processus de ponte jusqu’au petit matin. La création du centre aurait donc pour but de réguler les excès, et des gardes contrôlent désormais la côte sur 40 Kms (Je laisserai au bénéfice du doute la motivation philanthropique de toute cette dépense d’énergie, mais repars convaincu quant à l’amélioration de la situation).
Nous passons un excellent moment avec la jeune fille du guichet qui vient, jusque dans notre maison de nomade, nous parler des traditions bédouines de son pays, puis nous quittons le centre pour nous rendre une vingtaine de Kms plus haut jusqu’à Ras Al Hadd qui marque la fin des plages protégées, et donc interdite de bivouac.
Retour à l'Océan
pris au piège
Bizarrement, la partie la plus jeune de la population que nous y rencontrons, est plus agressive que nous que celle que nous avons croisée jusqu’alors. Les enfants mendient à notre passage, tentant de s’accrocher à l’arrière du véhicule tout en faisant des gestes que nous n’avions pas revus depuis notre départ de France et les jeunes au volant de leur 4x4 viennent faire des dérapages à longueur de soirées autour du camping car en klaxonnant.
Nous visitons le petit fort de la ville et retrouvons avec les gardiens, la gentillesse qui caractérise les gens de ce pays. Ils nous offrent des posters d’Oman pour décorer notre intérieur, puis nous tentons notre chance sur la plage protégée pour tester la discipline du règlement du centre, nous sommes très gentiment reconduits sur les hauteurs du site et n’arrivons pas à nous réveiller à 4 heures et demie pour l’ouverture de la plage afin de voir les dernières tortues rejoindre la mer après avoir pondu.
Nous réitérons l’opération à grand renfort de sonnerie de téléphone le lendemain, et commençons à arpenter la plage à 4 heures du matin, toutes les traces semblent montrer que nous arrivons une nouvelle fois trop tard, mais une retardataire est heureusement encore en train de finir de creuser en avant de son site de ponte, nous l’observons pendant une petite demi heure puis l’accompagnons jusqu’à son retour à la mer (un moment émouvant pour les tortues nomades que nous sommes).
Sur le chemin qui nous ramène au camping car, nous croisons cinq bébés tortues pris au piège dans les filets de pêche abandonnés sur la plage, nous les libérons évidemment de leur prison et les remettons à l’eau.
Titi la tortue
Ceci étant fait nous filons à Sur, la plus jolie ville qu’il nous a été donné de voir en Oman.
A la vue du grand nombre de splendides, et immenses, maisons qui se dressent au bord de l’eau, il parait évident que les omanais sont visiblement, du même avis que nous.
Sur (Sour) est un petit port qui baigne dans une lagune. C’est le lieu ancestral de fabrication des Dhows, les navires de commerce arabes ; quelques chantiers de la ville pérennisent encore cette activité traditionnelle.
Sour
Nous ne ferons cependant qu’un rapide tour de la ville pour changer les batteries du camping-car et commençons à remonter le long de la côte en direction de Mascate où les derniers livres scolaires envoyés par mes parents nous attendent.
Nous rejoignons dans la soirée l’allée Z du parking du Carrefour sous l’œil bienveillant des gardiens qui nous reconnaissent et récupérons le lendemain, en même temps que les livres scolaires, nos nouveaux passeports qui sont arrivés à l’ambassade plus rapidement qu’à la mairie de notre village avant de partir.
poterie
Après avoir remercié le personnel de l’ambassade pour sa gentillesse et son efficacité nous prenons la route de Nizwa.
Malgré l’altitude, près de 1000 mètres, la chaleur nous rappelle nos débuts sur la péninsule arabique et nous oblige à trouver une place à l’ombre du fort de la ville.
 
Handicraft
Nizwa est connu pour ce fort, dont la tour centrale est très imposante, mais elle est surtout réputée pour ses souks et le marché aux bestiaux qui s’y tient tous les vendredis matins.
Cela tombe bien nous sommes jeudi, et occupons la fin de la journée à faire le tour de cette petite ville touristique et des souks qu’abritent ses murs ocres.
Nous sommes réveillés le lendemain par un marché parallèle qui se tient à côté de notre camping car où une dizaine de pick-up viennent décharger des bottes de  fourrage, que s’arrachent des vendeurs de bétails qui semblent imposer leur prix à leur vendeur.
 
Sur ce, sachant les bêtes bien nourries, nous rejoignons le marché aux bestiaux, qui se tient à quelques centaine de mètres de là.
Omani
C’est une place circulaire, à la première heure les moutons et les chèvres envahissent l’espace laissé libre par la centaine d’acheteurs qui déambulent dans une atmosphère presque électrique, nous croisons pour une fois de nombreux touristes qui comme moi profitent de la foule pour imprimer sur leur cartes mémoire les omanis et les omanies en habits traditionnels.
omani
Les femmes portent des masques qui couvrent le visage et les hommes arborent avec fierté cannes et khanjars (poignard recourbé dans son étui d’argent) accessoires principaux de leur tenues ancestrale.
omanaise Habits traditionnels omanaise
Une équipe de télé française, venu faire la pub de cette destination touristique pour l’émission « c’est au programme » de France 2 est là, se mêlant à la foule et aux ovins qui commencent à défiler entre le cercle central, et les badauds qui se pressent autour.
Je me faufile une ou deux fois à côté de Didier Régnier le journaliste, afin de profiter des sourires qu’attire la caméra, et faire quelques clichés qui rempliront mon album photo et continue à profiter de la foule pour pixéliser les femmes voilées qu’il est difficile d’aborder en dehors de ces moments d’intense activité.
Marché aux bestiaux
transaction
Les ventes se font au passage des animaux qui filent avec leur acquéreur dès que les billets sont passés d’une main à l’autre.
Nous finissons la matinée par le marché de poissons où quelques beaux spécimens d’espadons cherchent acquéreur, puis par la foire aux armes anciennes où les omanis viennent échanger, contre des neufs, leur anciens khanjars qui finiront dans les boutiques à touristes et les souks environnants, on y voit également quelques fusils et quelques sabres qui changent de mains.
Après cette matinée bien remplie, nous rentrons faire quelques séances d’école qui tombent fort à propos, puisque Océane en est à l’étude de l’Islam.
Où t'es Guy Lux, j'ai r'trouvé la vachette!
France 2 a bien raison de s’intéresser à cette région, car elle foisonne de points d’intérêts qui font augmenter, de façon significative, le nombre de touristes que nous y croisons. Ils sont en général en 4X4, avec des tours opérateurs locaux et font à peu près tous le même circuit. Nous suivons donc le mouvement général, pour nous retrouver à la grotte de Al Hoota, ouverte au public en décembre 2006, on y accède pour 10 euros par personne à l’aide d’un petit train (En panne lors de notre passage).
C'est au programme
La grotte est entièrement aménagée, lumières, passerelle, guide obligatoire et photos interdites. Sans être aussi belle et impressionnante que celles de la baie d’Along au Vietnam, ni aussi aventureuse qu’Humajalanta en Bolivie, elle abrite, comme cette dernière, des lacs souterrains, où vivent des poissons aveugles.
Il est surtout agréable dans cette région désertique de se promener une quarantaine de minutes dans la fraîche atmosphère des stalagmites.

Nous partons ensuite dormir au pied du fort de Jabrin où le sympathique garde nous autorise à faire le plein d’eau et à nous connecter au réseau électrique.
plafond
Jabrincoran
Nous faisons la visite de ce magnifique fort construit en 1675 par l’Imam Bil-Arab bin Sultan pour abriter les écoles d’astrologie, de médecine et de droit.
Il est de ce fait finement décoré, les plafonds peints sont de toute beauté et certains murs sont sculptés avec des versets coraniques. On y trouve un réseau de conduction d’eau à tous les étages qui jouait le rôle de climatisation.
Chateau de Jabrin
Nous continuons  nos visites par le joli village de Misfat, accroché à la montagne, ce vieux village en a canalisé l’eau pour irriguer des champs de dattiers en terrasse, et nous pouvons nous promener le long des falajs (canaux drainant l’eau dans toute la vallée), jusqu’à un canyon où les carrés de cultures forment un damier en contrebas des aqueducs.
Nous passons la nuit en pleine montagne sur un pic face au village que nous venons de visiter, où une température de 26 degrés nous fait ressortir les couettes des placards (ça va être dur en rentrant).
Misfat
gueppier
Nous prenons au petit matin la direction de la mer, traversant une splendide route de montagne, qui nous mène jusqu’au fort Al Rustaq, que nous visiterons le lendemain.
Nous retrouvons ensuite la route côtière du nord du Dhofar, qui nous conduit à Sohar, la ville de Sinbad le marin du conte des milles et unes nuits.
Nous tentons la visite du magistral fort blanc qui domine la mer, mais celui-ci se refait une beauté et les travaux sont prévus pour trois ans.Bien que nous adorions le pays et que notre plus grand luxe dans ce voyage soit le temps, nous ne patienterons pas pour vous le résultat de cette cure de rajeunissement, et après une nuit sur la plage publique de la ville, nous longerons la côte jusqu’à la frontière.
Oman
Notre bouteille de gaz étant à nouveau vide, nous faisons le lendemain la route en sens inverse, pour la remplir à Sohar et couper la montagne jusqu’à Buraïmi ville frontière avec Al Ain aux Emirats.
Près de Sohar

Tous les guides précisent que ce passage est réservé aux résidents du golf, nous tentons notre chance auprès des douaniers qui tamponnent nos passeports sans la moindre réticence et nous nous retrouvons en fin d’après midi le long de la grille d’Emirate Palace d’Abu Dhabi et retrouvons le faste de Dubaï et ses abracadabrantes constructions pharaoniques.
Avant de retrouver Oman d’ici quelques jours, dans la péninsule de Musandam au nord des émirats.

Elles a eu tort de s'éloigner de mer, et le tort tue!!

Traversée
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