LE MEXIQUE Du 21 Mars au 17 juin

Carte du Mexique

Première partie:
La peninsule du Yucatan

Carte du Yucatan

Drapeau Mexique

Armoirie Mexique

Langues officielles

Espagnol

Capitale

Mexico
19° 0' N, 99° 0' O

Plus grande ville

Mexico

Forme de l’État
 - Président

Rép. fédérale
Felipe Calderón

Superficie
 - Totale
 - Eau (%)

Classé 13e
1 972 550 km²
2,5

Population
 - Totale (2006)
 - Densité

Classé 11e
107 449 525 hab.
54 hab./km²

Indépendance
 - Déclarée
 - Fin de la guerre
d'indépendance

De l'Espagne
16 septembre 1810
27 septembre 1821

Pays limitrophes

USA États-Unis
 GuatemalaGuatemala
 BelizeBelize

Gentilé

Mexicain, mexicaine

IDH (2004)

0,821 (élevé) 53e[1]

Monnaie

Peso mexicain($) (MXN)

Fuseau horaire

UTC -7 à -9

Hymne national

Himno Nacional Mexicano

Domaine internet

.mx

Indicatif
téléphonique

+52

tortue mexicaine de Guillem
Nous voyageons de nuit sur la Mexicana de Buenos Aires à Mexico que nous atteignons à 6 heures du matin, nous sommes un peu surpris par la relative froideur des hôtesses mexicaines et de leurs compatriotes des douanes.
Notre objectif est d’atteindre Chichen Itza aux alentours de 16 heures pour voir le dieu Cucul Can apparaître sur la face nord de la pyramide, phénomène qui se reproduit à chaque équinoxe de printemps le 21 mars.
Nous passons un bon moment à négocier le changement sans frais de nos billets pour Cancun (ceux que nous avions pris arrivant à 14h00, ne nous permettaient pas d’être dans les temps) puis location de voiture, rapide passage en ville pour se munir de quelques pesos locaux et d’une puce mexicaine pour notre portable et  notre aventure sous les sombreros peut commencer.
Les routes sont excellentes, mais chaque village dispose d’une multitude de ralentisseurs qu’il est impossible de passer à plus de 10 Km/h, de plus la DDE locale doit certainement faire ses stages en Bolivie, ce qui avec notre difficulté à prononcer les noms mayas, nous entraîne logiquement sur la coûteuse Autoroute qui relie Cancun à Mérida.
Nous arrivons à Pisté petit village à l’entrée du site de Chitzen Itza, où nous nous rendons avant même de chercher un hôtel pour la nuit; le site est noir de monde et sur une estrade des guides
ciel argentin
Chitchen Itza racontent dans toutes les langues la grandeur de la civilisation maya, attendant qu’un rayon de soleil trouve son chemin à travers l’épaisse couche de nuages qui envahit le lieu, afin qu’il illumine le montant de l’escalier nord en faisant des arcs de cercle jusqu’à la sculpture en forme de tête de serpent en bas des marches.
Malheureusement les cieux n’étaient pas cléments et les dieux plutôt réservés ; Nous ne verrons donc du serpent à plumes que ses nombreux admirateurs et retournerons sous la pluie, à pied, à notre stationnement dont l’étroitesse de la voie d’accès,
assortie à une myriade de visiteurs suffiront à bloquer la sortie pendant plus de deux heures.
Nous profiterons de ces deux longues heures pour chercher, routard en main et portable mexicain en ligne, un hôtel capable de nous accueillir à cette heure tardive (Et après on dit qu’on n’est pas organisés!!).
Nous resterons sur place le lendemain espérant une éclaircie, mais devant l’obstination du ciel à noircir l’horizon nous progresserons jusqu’à Puerto Progreso pour y chercher une maison à louer
CUCULCAN
Itzamal
avant l’arrivée de mes parents.
Réservation faite, nous prévoyons une halte à Izamal, charmante petite ville coloniale toute de jaune vêtue où nous organisons l’anniversaire de ma mère (hôtel, gâteau, champagne et vin).
Nous revenons ensuite à Cancun et son front de mer outrageusement bétonné et attendant l’arrivée de mes parents nous rendons une petite visite à une famille française qui a monté une agence de voyage (www.yucatantp.com) dans le centre ville depuis huit ans et qui nous avait envoyé un amical bonjour après
avoir découvert notre site.
Nous nous sentons orphelins de notre tortue et réalisons encore plus à quel point le camping car a été pour notre voyage un choix judicieux.
Nous nous nourrissons de tacos au poulet et de poissons grillés à longueur de repas et commençons à appréhender (bien que Cancun ne s’y prête pas vraiment) la vie des habitants du Yucatan.
Après une longue attente à l’aéroport, mes parents arrivent finalement à Cancun le 28 mars vers 19h30, allégés de 360
Pollo asado
Chichen
euros d’excédent de bagages (merci Air France) et sautent dans notre voiture pour faire dans la foulée les 200 Kms qui nous séparent de Chichen Itza.
Tout le monde est bien entendu heureux de se retrouver, après un an de contact webique, il est bon de pouvoir s’embrasser et partager une pizza dans une chambre d’hôtel à dix heures du soir après 24 heures de voyage.
Le lendemain nous ne perdons pas de temps et visitons pour une fois sous le soleil l’ancienne cité Maya-Toltéque, naviguant de groupe de français en groupe de français afin de réunir quelques informations sur l’histoire de la cité (aucun guide parlant français n’étant disponible), nous nous faisons gentiment jeter de certains troupeaux de touristes qui n’aiment pas qu’on profite des informations qui n’étaient  dédiées qu’à EUX et nous nous faisons agréablement accueillir par d’autres qui sont ravis de partager
quelques moments avec nous.
Je finis seul la visite du site pendant que Nanou emmène mes parents goûter les margaritas servies dans des verres aussi gros qu’un bol de p’tit déjeuner. Puis nous nous rendons à Izamal pour fêter les 20 ans de ma mère (c’est la cinquantième fois que je lui souhaite ses 20 ans, mais que voulez vous elle ne change pas !!!), le gâteau que nous avions commandé était si gros que nous le partageons avec tous les clients du restaurant, qui en retour viennent lui offrir des petits cadeaux d’artisanat local.
période maya
L’anniversaire passé, nous louons une maison sur la plage de Puerto Progresso et déballons enfin les sacs de voyages remplis de cadeaux de toutes sortes, les accessoires de l’archos que Jennifer avait apporté en novembre, des livres, des livres, des livres, des pièces pour le camping-car, des jeux pour les enfants, des guides touristiques d’Asie et d’Australie, des produits de beauté (Pour Nanou bien sûr, moi je n’en ai pas besoin !!!), Swatch, Kickers et fromages de chèvres affinés de l’Indre (http://fromagerie.moure.free.fr ) que nous entamons immédiatement avec un petit Sémillon bien frais.
Progreso
La maison est spacieuse avec des grandes chambres, ayant toutes des douches immenses et des WC sans cassette à vider, la piscine sur la terrasse donne directement sur la plage de sable blanc et aide à nous faire patienter l’arrivée de la tortue (les coordonnées du propriétaire sont dans les liens. Un peu de pub lui fera oublier la difficile négociation de la dernière nuit gratuite).
La semaine se passe de baignades dans l’eau de mer à 27 degrés du golf du Mexique en rinçages à l’eau douce de la piscine ; quelques céviches de crevettes et de poissons blancs, toujours du poulet, du poulet, du poulet et même une langouste (à 20 euros l’kilo faut pas s’priver).
La douceur hollywoodienne de cette semaine en bord de mer s’annonçant, nous nous séparons des enfants pour la première fois depuis 1 an et testons le confort des bus hyper climatisés qui sillonnent le pays, pour nous rendre à Vera Cruz 1200 Kms plus au sud-ouest de Mérida, afin de récupérer la tortue dont la fin de la croisière approche.
Pendant ce temps mes parents vont se charger de retourner avec les enfants à Cancun selon un itinéraire et un cahier des charges bien établi.
Nous arrivons le 08 avril à 10 heure du matin dans la capitale de l’état de Vera Cruz avec un cahier des charges moins réjouissant mais non moins rempli, trouver une assurance pour le véhicule et
pelicanpiscine
Vera Cruzl'aigle et le serpent
faire le tour des administrations de la ville afin d’obtenir les autorisations de sortir la tortue du port et de circuler temporairement au Mexique.
Pour l’assurance la seule journée du 8 n’y suffira pas, nous avons le devis les conditions, mais il nous faudra le lendemain aller à l’autre bout de la ville pour effectuer un virement sur le compte de l’assurance et retourner à l’agence pour finaliser le contrat.
Pour la sortie du port les choses semblent être un peu plus longues et complexes mais l’agence maritime qui valide le bon de transport nous propose gentiment de nous accompagner dans les différents lieux de ce parcours du combattant, que nous espérons néanmoins boucler en quelques heures afin de rapidement reprendre la route afin d’arriver à Cancun le 11 pour accueillir les journalistes de Réservoir prod qui viennent nous filmer.Dans l’ordre et la précipitation nous réglons l’emplacement qu’occupe le camping-car sur le port, puis après une demi-heure de taxi payons l’hologramme
qui nous donne le droit de circuler  temporairement au Mexique.
Puis passage à l’agence qui gère le personnel du port pour payer le maniement du camping-car lors de sa sortie du cargo (On nous demande 250 dollars pour cinq minutes de conduite de la tortue, qui sont ramenés à 50 après avoir fait déplacer la chef de service), puis nous filons au port où il nous faudra encore passer Trois bureauxet quatre postes de sécurité pour pouvoir circuler en tongues dans l’enceinte du port, nous pensons enfin être au bout du tunnel lorsque au volant de la tortue au poste de sortie on nous demande d’attendre l’agent des douanes pour qu’il vienne lui-même coller l’hologramme acheté trois heures auparavant.
Le jeune homme, style playboy de Miami, demande un contrôle approfondi de la tortue ; le moindre petit placard est ouvert et inspecté puis il fait venir un maître chien avec un renifleur de poudre blanche qui essuie ses pattes sur nos coussins, monte sur les tables et les lits sous le regard inquisiteur du douanier, qui nous libère finalement et ouvre les portes du Mexique à la Tortue.
Mexique
Nous finalisons la police d’assurance et commençons notre longue mais rapide remontée vers Cancun.
crevaison
Le voyage trajet est ponctué par trois arrêts principaux, le premier afin de retrouver le confort nocturne d’un parking de station service, le second pour  piquer une tête dans le bleu du golf du Mexique le long d’une plage déserte autour de Campêche et le dernier au bord de la route le temps de changer un de nos pneus neufs du Chili qui n’a pas supporté la chaleur du Mexique.
Délaissant les enfants, ou plutôt les laissant une nuit supplémentaire avec mes parents, nous rejoignons à Cancun l’équipe de France 2-Reservoir-prod qui vient mettre notre nouvelle vie de nomades en image et stationnons dans le parking de leur l’hôtel.
Hotel Cancun
Jenny Jenny, jolie et adorable journaliste d’une trentaine d’années, dirige les opérations : intendance, scénario, mise en scène, lieu de tournage rien ne lui échappe, rien ne se fait sans elle et tout se démêle au son de sa douce voix.
Thierry Thierry, grand, brun, timide sans trop l’montrer (genre tombeur qui s’ignore), une tendinite au poignet qui ne l’aide pas à tenir l’énorme caméra béta numérique dont il a la charge (mais chaque problème a ses solutions…).
Joseph
Joseph, sudiste au bel accent du Lot, aussi nature que sa coiffure, le nouveau pote de Timo pour quelques jours, un vrai bonheur de preneur de son qui est là pour s’occuper de nos micros.
Je laisse à tous ceux qui nous suivent depuis longtemps le temps de voir le reportage qui devrait être diffusé le 20 mai et vous raconterai les coulisses du tournage au prochain épisode. Pour notre part nous avons ouvert les portes de la tortue, aux caméras et aux micros avec un grand plaisir, et à Jenny, Thierry et Joseph avec l’immense bonheur des rencontres humaines marquantes que nous faisons depuis le début de cette aventure.
Pour notre part nous avons adoré, ils sont repartis avec six heures de films, je ne sais pas ce que donneront les 22 minutes qui resteront après montage mais si vous lisez ces lignes après la diffusion, j’espère que vous aurez apprécié.
Caméra
20 mai 2008, nous sommes à quelques heures de la difussion du reportage par France 2, nous ne savons toujours pas si le montage final de l'emission sera fidèle à notre aventure et je reprend le fil des récits jusqu'à la magnifique rencontre que nous venons de faire.
Son

Le 11 avril au soir et le 12 au matin

On prépare vaguement les scènes du lendemain, le bar de l’hôtel étant fermé nous nous rabattons une fois de plus sur le bar de la tortue où il traîne toujours quelques bières et une bouteille de champ, mais nos trois nouveaux amis prennent rapidement congé pour récupérer de leur voyage avant de se mettre au boulot, ayant un peu perdu le sens de ce mot nous finissons seuls les bières et la bouteille de champ et à 8h00 du mat tout le monde est d’attaque.
 La première scène à filmer est celle des retrouvailles de mes

installation
préparation
parents avec le camping-car, nous pensions filer rejoindre les enfants au petit dej, et démarrer dans la foulée.
Mais à la télé rien n’est aussi simple, Joseph nous équipe micro HF sous les tee-shirts sans logos ni marques déchiffrables par le CSA (tant pis pour la jolie chemisette que j’avais achetée pour l’occasion), on installe une caméra sur le pare-brise, on fait des claps pour synchroniser les images et on démarre sur le coup de 11h30 pour rejoindre mes parents qui sont dans un petit
appartement au bord de l’eau à quelques kilomètres au nord de Cancun.Nous investissons les lieux sous le regard discret et amusé des proprios, Thierry filme quelques plans avec la belle, grosse et lourde caméra bêta numérique, qui n’ayant pas supporté le décalage horaire, décide de finir sa nuit sur le champ et ne répond plus aux sollicitations de Thierry, qui malgré de nombreux coups de fil et de tournevis finit par baisser les bras, il semblerait que tout le monde se soit mis à l’heure de l’aventure. Beta numérique
malaise

Le 12 avril après-midi et le 13 au matin

Les sélénites partent donc de leur côté à la recherche d’un resto sur la route de Playa del Carmen, pendant que je pars avec l’équipe à la recherche d’une caméra en ville : télévisions locales, loueurs de matériel professionnel, réparateurs, nombreux coups de fil avec la production, une dernière tentative auprès de l’équipe de l’île de la tentation qui doit débarquer à Cancun mais ils n’arrivent que dans trois jours, rien n’y fera, nous

continuerons donc le tournage avec une caméra HDV et notre caméscope. Ils semblent tous terriblement déçus d’avoir du si bon matériel dans leurs bagages et de tourner avec du matériel de touristes. Le seul qui se réjouit de cette infortune est le poignet de Thierry qui va donner un peu de repos à sa tendinite.
Nous rejoignons le camping-car à Puerto Morelos, pour manger, boire quelques bières et tourner deux ou trois plans sur la plage (au Mexique la bière est plus un médicament anti-chaleur qu’une boisson alcoolisée, et comme il fait vraiment très chaud, il faut se soigner très souvent).
Timothée, comme un signe, trouve un bébé tortue qui se promène sur le sable et joue avec un instant, on fait les stars au bord de l’eau, essayant d’oublier le micro coincé dans le maillot de bain, la « petite » caméra qui nous filme, les regards interrogateurs et les phrases qu’il faut répéter sans oublier de reprendre la question qu’on nous avait posée au départ, encore quelques scènes au soir tombant, dans la rue et nous nous installons définitivement dans nos rôles d’acteurs de notre propre vie.

Puerto Morelos

Silence on tourne

Tortue
Voulant rattraper un peu le temps perdu, nous reprenons la route pour nous rapprocher de Tulum notre étape du lendemain, le soir venu, nous faisons une petite halte dans un Holiday Inn (Enfin eux, car nous devons nous satisfaire du parking de l'hôtel, d’un autre côté ils sont là pour voir si on s’est fait à notre nouvelle maison).
Nous profitons au matin de la connexion WiFi de l’hôtel pour mettre en image les discussions d’Océane avec ses copines Chloé et Amélie

du Luc en provence. Comme à l’accoutumée avec nous, tout se passe de travers au départ, les copines d’Océane en vacances dans un camping avaient réservé la connexion wi-fi du camping avec l’accord du gérant mais bien entendu rien ne marche et il leur faudra faire 40 kilomètres pour trouver un Cybercafé ouvert le dimanche qui possède une webcam et un micro en état (merci Sophie pour ta persévérance). En attendant, dans la chaleur infernale du camping-car (car pour éviter les bruits parasites, Joseph ne nous autorise pas à allumer le camping-car et donc la clim.), nous réussissons à joindre les cousins du Luc pour commencer la scène. Puis la tortue retombant toujours sur ses pattes quand elle tchate, les copines d’Océ arrivent à la rescousse et nous terminons la scène dégoulinants de sueur.

Le 13 avril après-midi et le 14 au matin

Arrivée sur Tulum en filmant la tortue de devant, de derrière, qui passe sur le côté, Thierry allongé dans le coffre ouvert du

Wi-fi

Chaud,chaud, chaud

Piranha

Caïman

Voyager. Puis studio d’enregistrement dans le camping-car, en roulant vitres fermées et clim éteinte pour le bruit (On t’aime quand même Joseph !!!), grande discussion entre mes parents et les enfants qui leur racontent le pantanal brésilien, les caïmans, les piranhas. Joseph perche à la main, niché sur la capucine, enregistre ma mère toujours zen qui leur répond « et vous en avez mangé ? » pendant que Jenny lui rappelle qu’en bonne grand-mère elle devrait être inquiète de voir ses petits enfants pêcher des piranhas et son fils se baigner avec les caïmans (« coupez on la refait » !!!).
Nous arrivons finalement à Tulum, où, après quelques tacos et un ou deux médicaments anti-chaleur à moins de 5 degrés d’alcool, nous abandonnons mes parents pour deux jours dans un petit hôtel du centre ville et prenons la direction de Punta Allen dans la réserve écologique de Sian-Kahn afin de trouver un bivouac sympa, si possible sauvage et au bord de l’eau.
Petit arrêt à la station service, pour filmer la galère des camping-
caristes avec leurs cassettes de WC à vider ; Pour faire sensation sur les écrans ils demandent à Nanou d’y aller, elle insiste deux minutes pour dire que c’est moi qui suis de corvée d’ch…..s la plupart du temps mais ils ont envie de raconter que Nanou ne se fait pas à la vie en Camping-car, alors elle part avec sa cassette à la main, le micro sous l’tee-shirt et la caméra fixée sur elle. . Le talent des journalistes dans cet exercice est de vous poser des questions bien préparées : « Alors Nathalie est ce que tu ne regrettes pas ta vie d’avant quand t’es là à nettoyer la cassette des WC » et quand on répond : « oui mais c’est pas moi qui le fait d’habitude », on nous rappelle qu’il faut d’abord répéter la question avant de répondre et la phrase devient spontanément « Quand je vide la cassette des WC, je regrette ma vie d’avant , mais ce n’est pas moi qui le fait d’habitude. ».
La réserve se traverse sur une cinquantaine de kilomètres le long des eaux turquoise des caraïbes et des détritus qui inondent les plages. Nous fuyons les bouteilles et les sacs en plastiques pour finir, juste avant la tombée de la nuit, dans un petit village de pêcheurs où nous stationnerons, avec l’accord du policier local, entre le dispensaire et le terrain de basket.
On espère une petite pose, mais le temps perdu avec le matériel à Cancun ne se rattrape pas comme ça,  et les caméras continuent d’accumuler séquence par séquence la vie des sélénites en cherchant bien entendu toujours un peu, le truc qui va faire dire à Nanou que l’ménage c’est pénible et que personne ne l’aide dans cette tâche (ce qui pour le coup

Prise de vue

Detritus

Punta allen

Spielberg en action

Séquence émotion

est tout de même vrai) ou me demandant de lancer des p’tites phrases pour faire croire que j’essaie de grappiller à longueur de journée quelques années de voyage supplémentaires (ce qui est plus un jeu entre nous, qu’un point de désaccord).
Arrivés à ce petit bout du monde, nous partons à la recherche d’un gîte et d’un restaurant pour notre trio de choc. Pour une fois je commence à me dire que nous allons passer une meilleure nuit qu’eux car l’électricité fournie au village par un générateur s’arrête à deux heures du matin plongeant ceux qui n’ont ni groupe, ni accumulateur dans le noir et la chaleur ; mais Jenny, a, tout en préparant les plans à filmer également repéré un petit hôtel à l’entrée du village, le seul qui possède la clim jusqu’à deux heures, Internet, et des accus pour faire tourner les ventilos le reste de la nuit. Nous devrons, nous, attendre que le vent marin passe entre les fenêtres ouvertes de la tortue pour rafraîchir les 35 degrés qui règnent dans le camping-car. Pour le resto, le seul ouvert après cette longue journée est encore celui de la
tortue (Jean-Luc, je vais finir par t’envoyer la note).
Nous laissons tables et chaises sortis prêts à recevoir, après quelques crêpes et un réveil sous les caméras, les cahiers des enfants pour une demi séance d’école. Ce qui ravit Océane et Timothée qui échapperont un jour de plus aux trois heures quotidiennes de devoirs auxquelles nous nous efforçons de nous maintenir pour finir le programme à temps.
Une visite éclair sur le site Maya de Tulum pour montrer aux téléspectateurs  qu’on a quand même quelques activités
Clap!

Tulum

Océ

On arrive au bout

Juste une dernière

culturelles et nous récupérons mes parents au centre ville (si l’on peut dire, étant donné que la ville n’a guère plus de trois ou quatre rues).
Il ne nous reste plus que les interviews personnelles à réaliser, pour cela il nous faut trouver un endroit silencieux (Pour Joseph), beau (pour Thierry), et calme (pour Jenny) ayant toujours l’œil sur les belles choses, Jenny avait aperçu un nouvel hôtel de luxe à l’entrée de la zone des plages de Tulum, l’endroit semble idéal, il ne reste qu’à convaincre le gérant de transformer un coin de son hôtel en studio, Jenny arrive à ses fins avec l’aide du chef de rang, un jeune français qui a bizarrement préféré la mer des Caraïbes à la banlieue parisienne pour exercer ses talents.
Nous bouclons l’enregistrement en moins d’une heure, nous commençons à nous habituer à reprendre les questions de Jenny pour les dires comme si les phrases venaient de nous ; Le son semble satisfaire Joseph malgré un petit clapotis venant du bassin de poissons du hall de l’hôtel, la lumière convient à Thierry  et le fait que Jenny ne nous fasse pas répéter les phrases trois fois nous rassure sur le temps qui nous sépare de notre prochaine margarita.
Une demi heure plus tard nous sommes tous attablé au centre ville de Tulum pour dire au revoir à nos amis du monde des paillettes qui retournent avec 6 heures de bobines, afin de commencer un travail de chirurgie qui ne laissera que 22 minutes de reportage.
Nous signons les autorisations qui leur permettent de disposer gratuitement et à leur convenance de toutes les images dont ils disposent, bien qu’un peu inquiet sur le goût de la sauce à laquelle nous serons mangés, nous avons toute confiance en Jenny, et puis j’avais bien accepté de signer ceux de Koh Lanta deux ans plus tôt, ceux de Delarue me paraissent tout de même moins risqués.
Comme me disent Joseph et Thierry les personnes sortent plutôt grandies des émissions de Delarue (ça fera plaisir à tout ceux qui depuis des années se demandent quand est-ce que je
vais finir par grandir un peu).
Aléa jacta est , les images sont en route pour Paris et nous reprenons notre route vers le monde Maya et après avoir revisité le site de Tulum un peu moins au pas de course que sous les caméras, nous nous dirigeons vers le sud pour rejoindre la ville de Malacual sur une péninsule dévastée par l’ouragan Dean l’année dernière, la ville est en pleine reconstruction, la destruction du port a obligé la moitié de la population à se reconvertir dans la maçonnerie et l’autre moitié dans le tourisme, nous profitons de ne pas avoir à galérer pour le bivouac pour visiter le coin jusqu’à la tombée de la nuit (mes parents dormant à l’hôtel avec les enfants, nous stationnons sur leurs parkings).
Nous passons deux nuits et deux jours sur les plages cartes postales des Caraïbes, une à l’hôtel Matan Ka’an appartenant à un écrivain italien qui s’il écrit comme il aménage et décore son hôtel, doit certainement faire des best-sellers.

Tulum plage

matan'kan

Flip-flop

Chetumal

Une autre à l’hôtel Oxtankah tenu par Adolfo, un rasta bélizien, travaillant anciennement au port, mais qui pourrait donner des leçons à bon nombre d’hôteliers sur l’art et la manière d’accueillir les touristes.
Continuant après la visite du musée de Chetumal (capitale du Quintana roo) dans les terres Mayas juste au dessus du Belize et du Guatemala nous commençons les visites culturelles par les sites de Kohunlich avec ses masques en stuc sculptés dans les murs des pyramides, puis celui de Calakmul (centre du royaume de la tête de serpent qui comptait à la grande époque maya plus de 50 000 âmes) on l’atteint après 30 kilomètres d’une route sinueuse dans la jungle tropicale, le site est impressionnant avec sa pyramide qui domine la jungle et sa centaine de stèles disséminées sur tout le site.
Tout au long de cette route qui nous mène de Chetumal à Palenque (dans l’état du Chiapas), mes parents nous surprendrons par leur facilité à s’adapter à notre
désorganisation, les obligeant, comme à Nicolas Bravo, à dormir dans des chambres sordides sans clim au bord de la route et face au Topes (dos d’âne) qui font ralentir et ré accélérer les voitures et les camions qui semblent ne pas craindre, eux, les heures nocturnes pour circuler, ils semblent ne pas savoir que les armes que nous rêverions d’avoir dans ces moments là, peuvent tout comme leurs pots d’échappements être munis de silencieux.
 Nous rencontrons à Palenque quelques familles françaises
Nicolas Bravo

Victor

Palenque

surprises de voir qu’un camping-car a traversé l’atlantique pour se retrouver aux portes de la jungle guatémaltèque, nous faisons la visite du site avec l’une d’elles sous la direction de Victor, un guide mexicain qui a une vision très personnelle de la culture maya, il nous promène le long des temples et des palais nous racontant que telle sculpture est la représentation de Toutankhamon qui venait au Mexique s’approvisionner en drogue, telle autre, celle de Néfertiti ou encore que les représentations de dragons sur les frises datent de l’invasion du continent par les chinois bien avant la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb.
Pour Victor le peuple maya n’a jamais existé, le continent était vierge et a été  depuis plusieurs milliers d’années avant JC, colonisé par les chinois, les celtes,  les égyptiens, les hébreux et les africains qui ont formé le peuple découvert par les espagnols au 15 éme siècle, ce qui pour les chinois approcherait la théorie officielle du peuplement des Amériques par les tribus de Mongols qui traversèrent le
détroit de Béring il y a 40 000 ans.
Cette version bien que saugrenue arrive par moment à créer le doute dans nos esprits, tant Victor est convaincu de son évidence.
 Pensant qu’il n’est plus nécessaire de sillonner les ruines des cités perdues puisque nous passerons vraisemblablement par l’Egypte voir directement les traces des ancêtres des mayas, nous remontons depuis Escarcegua à Campeche dont le nom des habitants est devenu adjectif mexicain pour désigner une personne sympathique.
Palenque

Campeche

Iguane

Arrivant, comme à notre habitude, tard dans la soirée, nous avons à peine le temps de constater la beauté de cette ville coloniale aux façades colorées et aux imposants remparts construits par les espagnols à la fin du 17 éme siècle pour protéger cette ancienne ville commerciale des pirates des Caraïbes.
Nous partons à la recherche d’un hôtel à la sortie de la ville et terminons notre quête dans un motel qui loue ses chambres à l’heure (neuf euros les trois heures, dix-huit euros les 24 pour les plus en forme) nous installons la table de camping devant les chambres et commençons à manger devant le ballet incessant des voitures aux vitres teintées qui entrent et ressortent, au moins soulagées de 9 euros.
La ville de Campeche nous retiendra le temps de visiter sa vieille ville fortifiée, manger quelques spécialités locales sur le malecon (croisette) construit dans les années 50 et flâner le long des
marchés d’artisanat locaux, puis nous repartons plus au nord dans les terres pour explorer la grotte de Loltun (fleur de pierre en maya) magnifiquement aménagée et éclairée, cette grotte servant de refuge à l’époque maya était le siège de culte lié à la mort, sa visite bien plus aisée que la grotte Humajalanta en Bolivie nous enchante par sa beauté et nous permet de profiter d’une bonne heure de fraîcheur.
Je réussis à décider tout le monde à repartir sur une cité maya afin de prendre un guide officiel et confronter la théorie
Loltun

Chaac maal

Papagayo

de Victor à celle de l’école classique, nous choisissons Uxmal, capitale de la région Puuc à l’époque maya. Cette région pauvre en eau était tournée vers l’agriculture et d’ingénieux systèmes de stockages et de drainages y ont été développés et ont naturellement conduit sa capitale Uxmal à vénérer Chac Maal le dieu de la pluie représenté avec un nez crochu, alors que la région de Chichen Itza riche en eau vénérait le soleil symbolisé par le perroquet.
Nous cesserons la confrontation des théories de Victor, après qu’à trois reprises, Pablo, notre guide, nous ait gentiment souri sans nous répondre.
Repartant d’Uxmal nous constatons que le site Internet ne fonctionne plus et que je n’ai plus aucun accès à notre hébergeur, qui bien que « libre » a surtout pris la liberté de nous faire disparaître sans la moindre explication pendant plus de 10 jours. N’aimant pas attendre et ne voulant pas priver nos amis de ce lien
plus longtemps, nous retournons louer une maison au bord de la mer, notre choix se porte sur Celestun à l’est de Mérida charmant petit village de pêcheur, calme, reposant avec de très belles plages  cependant sa tranquillité rime avec absence de connectivité.
pour mamieApéro mexicoflores

Progreso

Chile mexicano

Nous appellerons donc notre ami Antonio de Puerto Progreso à la rescousse qui nous trouvera sur le champ une villa avec une piscine, 5 chambres, deux cuisines et une liaison Internet haut débit pour une cinquantaine d’euros par jours. Mes parents sont comme nous ravis de se poser quelques jours avant leur retour, même si je passe une partie de mes nuits et de mes journées sur Internet à acheter un nouveau nom de domaine et à prendre un hébergeur américain dont les hotlines téléphoniques me rappelleront mes longues heures de non dialogue avec nos opérateurs de téléphonie mobile français.
Nous trouvons tout de même le temps de faire quelques parties de cartes, ma mère se perfectionne dans la confection du guacamole et moi dans celle de la margarita, les enfants ravis de ne plus rouler sous la chaleur étouffante du Mexique naviguent entre la piscine, la mer et les devoirs du Cned.
Le jour du grand retour approchant, nous quittons Progreso
pour nous rapprocher de Cancun d’où l’avion de mes parents décolle, une nouvelle pose à Chichen Itza nous permet de piquer une tête dans un des surprenants cenotes du nord du Yucatan, Ik-kil grotte d’une trentaine de mètres de diamètres formant un puit de plus de cinquante mètres de fond rempli d’eau où l’on peut se baigner au milieu de petits poissons noirs et des longues racines des arbres de surface qui viennent chercher en profondeur l’eau les sels minéraux.
Le temps de se sécher et nous nous retrouvons à Cancun autour d’une dernière bière mexicaine (pour mes parents) chez Virginie et Michaël (Le jeune couple de français qui tient une agence de voyage et que nous avions rencontré à notre arrivée www.yucatantp.com ).
Nous filons ensuite à l’aéroport où notre retard coutumier ne nous laissera même pas le temps de verser quelques larmes bien
Cenote Ik-kil
Au revoir les jeunes méritées, mes parents filent dans le couloir qui les remmène en France où deux jours plus tard Jean-luc Delarue les attend sur son plateau pour l’enregistrement de l’émission « Tout quitter pour changer de vie ».
Nous sommes encore stupéfaits de la forme et de la faculté d’adaptation qu’ils auront eues durant ces 5 semaines, mon père traînant sa valise de médicaments pour le cœur, le diabète, la tension, le cholestérol de réfrigérateur d’hôtel en réfrigérateur
d’hôtel et ma mère mettant en pratique ses notions d’espagnol appris à l’IUT de St Nazaire il y a cinq ou six ans.
Quant à nous, l’animateur vedette de France 2 a fait son choix et nous a réservé une suite dans le plus bel hôtel de Campeche afin d’avoir une liaison wi-fi correcte pour être en duplex avec le plateau.
Nous retraversons donc pour la sixième fois la péninsule du Yucatan dans sa largeur et déposons notre tortue devant l’Hacienda Puerto Campeche, arrivés avec un jour d’avance nous dormirons dans le camping-car devant la porte de l’hôtel en attendant la chambre à 340 euros la nuit (merci Jean-luc, tu t’es bien rattrapé sur ce coup là).
Je passe ma première journée à installer les ordinateurs pour le duplex et faire des essais avec la production, le technicien de l’hôtel installe un routeur Wifi directement dans notre chambre afin d’améliorer la connexion qui semble satisfaire pleinement les techniciens parisiens de l’émission.

Hcianda Puerto Campeche

Piscine Hacienda

Ici, tout est luxe calme et volupté

Tout quitter pour changer de vie

Direct différé

Les enfants pendant ce temps profitent du luxe de l’hôtel et de sa piscine aménagée dans les pièces de cet ancien entrepôt de marchandises.
Le duplex est prévu à 16h00 (heure française), donc 9h00 du matin pour nous. Les épais draps de coton, des grands lits moelleux de la chambre, rafraîchis par la silencieuse clim de l’hôtel, nous retiennent dans nos songes jusqu’à la dernière minute et ne nous laissent pas le temps de descendre prendre le copieux petit déjeuner que nous ferons monter dans la chambre, suivant en direct, sur notre ordinateur, l’installation du plateau télé qui attend l’arrivée de son animateur vedette.
Nous nous régalons d’entendre les conversations des techniciens qui se racontent leur dernier week-end pendant que d’autres règlent les lumières et le son du plateau.
Avec une petite heure de retard le maître des lieux arrive, fait rapidement quelques essais de toilette sans oublier de râler un peu sur l’organisation ; D’abord quand on est chef on en a le droit, sinon ça servirait à quoi d’être chef !!! Et puis si on ne râle pas quand on est chef, les autres ne se donneraient pas à fond pour essayer de devenir chef et pouvoir râler à leur tour.
L’enregistrement démarre enfin.
Une phrase d’intro reprise quatre à cinq fois par Jean-luc Delarue et le beau-père de Sébastien s’installe sur le plateau avec le voisin de la nouvelle maison écologique des Cévennes, discussion houleuse à peine masquée entre cet homme inquiet pour sa fille et son idéaliste bûcheron de gendre.
Un petit tour au pays de la restauration. Un rêve qui se réalise dans un secteur où le travail ne compte pas plus ses heures
que dans le reportage suivant, qui lui, nous rapproche de notre chère région du sud et des chèvres que nous avons laissées sur notre terrain et dont s’occupe ma charmante belle-mère.
Notre tour est arrivé et nous apercevons mes parents qui s’installent en face de Jean-luc Delarue, nous les voyons de dos alors que nous leur faisons face dans l’immense écran qui entoure la table d’interview.
Nous visionnons une partie du reportage que nous avions découvert quelques jours auparavant.
Les premières questions sont pour mes parents, mais leurs réponses ne montrant ni inquiétude, ni réticence à notre départ, Jean-luc se tourne vers nous. C’est justement à ce moment là que la liaison devient mauvaise, on sent un agacement latent qui monte chez notre intervieweur et qui se propage jusqu’à ma tension interne et me fait perdre le fil de mes idées.
Nous arrivons par téléphone à reprendre la discussion, alors que
On se fait envoyer des fleurs

Fleur

Fleur

les enfants enfermés dans la chambre depuis le réveil, ne pensent qu’à retourner explorer les recoins de la piscine de l’hôtel.
Finalement, Jean-luc retrouve le sourire quand Océane lui dit qu’elle aimerait rentrer en France, je bafouille deux trois mots pour essayer d’expliquer que c’est cyclique mais que l’on reste vigilants sur le moral des enfants, j’oublie de lui rappeler que nous n’avons, de plus, aucune obligation à continuer si quelqu’un devait en souffrir étant donné que nous n’avons pas d’autre challenge à réaliser que de vivre de bons moments en famille.
La discussion se termine rapidement, puis nous voyons le plateau se vider et la connexion disparaît, nous replongeant enfin dans notre quotidien de touristes au long cours.(Vous pouvez télécharger l'émission en cliquant ici)
Au moment de quitter l’hôtel et de choisir la direction de nos prochaines aventures, nous sommes abordés par Yves qui donne des cours de français au personnel de l’Hacienda et qui est resté scotché devant la plaque d’immatriculation française de la tortue.

Il se propose de revenir, carte et guide touristique à l’appui, nous préparer un itinéraire adapté à notre camping-car et une demi-heure plus tard nous sommes attablés autour d’une Chaya-pina (boisson mexicaine faite à base d’une sorte d’épinard mélangée avec du jus d’ananas).
Yves installé au Mexique depuis quelques années est ravi de rencontrer des français un peu différents des touristes habituels qu’il croise et voudrait nous présenter toute la communauté française de Campèche.
Nous qui étions ravis de nous retrouver enfin dans le voyage tous les quatre, nous voila happés par un nouveau Newton (voir Brésil, Florianópolis) qui nous conduit de garage (pour remplacer l’air des pneus par du nitrogène, il nous explique que c’est indispensable vu les chaleurs mexicaines, si on ne veut pas exploser les pneus tous les 3 ou 4 matins) en supermarché (dont il nous fait la visite détaillée rayon par rayon) pour finir à une vingtaine de kilomètres de la ville dans une entreprise de mariculture tenu par des français (qu’il a entre temps appelés pour leur demander de nous autoriser à stationner quelques jours sur leur terrain au bord de l’eau, sans entendre que nous voulons reprendre la route au plus tôt pour rejoindre la côte pacifique).
Yves fait tout ça en nous disant qu’il n’a pas le temps de rester car c’est la fête des mères au Mexique et que sa femme mexicaine va lui passer un savon s’il ne rentre pas tôt à la maison ; Il passe finalement les deux tiers de la journée avec nous.

Nous arrivons avec Yves dans un lieu magique où nous allons aller de surprises en aventures

Yves

Yves

Yves en famille

Mariculture du golfe du Mexique
La Mariculture du golfe du Mexique
Maricultivo del golfo
L’entreprise a été crée par Jean-pierre qui, après avoir monté une ferme de mariculture à Théoule sur mer dans les alpes maritimes, est venu installer ses bassins de production à Cuba en 2000, puis Cuidad del Carmen en 2001 au Mexique et enfin à Campèche en 2003. Il emmène dans son itinérance, Willy, un de ses employés de Théoule qui vivait à Draguignan à une trentaine de kilomètres de chez nous et qui se charge avec lui de créer une écloserie pour élever des ombrines.
Bassin de production
Mariculture
Patou et Patrick des amis de Willy les rejoindront en 2004 sur le site de Campèche.
Nous sommes accueillis par Patou, belle, charmante, gentille, agréable….qui avant d’entamer sa vie mexicaine vivait à Besse sur Issole à 8 kms de notre cher village du Luc, quant à Patrick, dont la gentillesse n’a pas plus de limite que la consommation de coca cola par les mexicains, il a vécu une grande partie de son enfance à Besse, puis au Luc pendant une dizaine d’années avant de se retrouver mariculteur à Campèche.
Nous commençons en fin d’après midi à énumérer les connaissances communes que nous avons, mais finirons par rendre les armes devant la longueur de  la liste.
Cela fait du bien de parler du pays, nous avons l’impression de nous retrouver dans nos collines, on se rappelle les plages (l’Almanarre, l’Estagnol, St Raph’, Porquerolles), les restos, les bars, tout simplement notre Var. Sans compter que Yves revient le lendemain avec femme, enfants et une bouteille de pastis, il est ravi (et nous aussi) d’avoir été l’instigateur de cette rencontre, il
Patou
Patrick
faut par moment se laisser entraîner par ces personnes qui n’ont pas d’autre loi que d’emmener les autres dans leur plaisir de vivre. Il est vrai qu’avec Patou et Patrick nous nous sentons comme en famille, c’est comme venir à la rencontre de cousins éloignés à l’autre bout du monde, on est différents, on ne connaît rien de l’autre et pourtant on sait qu’on a quelque chose en commun qui nous lie et qui au fil des jours s’impose comme une évidence.
Ils semblent apprécier tout comme nous cette intrusion dans leur
quotidien mexicain, surtout au moment où cette entreprise dans laquelle ils ont mis leurs espoirs de changement de vie, se trouve en difficulté suite à une maladie qui a tué la moitié des poissons qu’ils avaient mis au monde dans leur écloserie et élevés pendant plusieurs mois.
La moitié des ventes servant à payer la nourriture des poissons, ils n’ont plus la trésorerie pour nourrir et amener à terme le reste de la production et sont contraints de rejeter en mer 50%
Raie

Willy

pêche

des poissons sains restants, plongeant subitement leur entreprise dans une situation précaire.
Pour la première fois, je regrette mes pertes de jeu et l’argent que j’ai investi en bourse qui depuis notre départ en mars 2007 a fondu comme une tablette de beurre au sel de Guérande sous le soleil mexicain. Cependant, notre prochain passage en prime time sur France 2 me donne une idée, si nous profitions de l'audience pour faire une petite opération commerciale, demander aux personnes qui nous suivent de leur acheter un peu de poissons, sans le recevoir.
Bien sûr pas plusieurs tonnes comme leurs acheteurs habituels mais à 3 euros les 50 grammes, vous recevrez un tee-shirt de la tortue sélène pour 250 grammes achetés (soit 15 euros), nous les autoriserons à utiliser l’image de la tortue sélène pour imprimer les tee-shirts, bien entendu si pendant vos vacances vous vous retrouviez à Campèche, vous pourriez venir sur place, Willy sera ravi de cuisiner le poisson que vous aurez acheté (n'oubliez pas de mettre votre facture dans la valise entre deux maillots de bain).
six cents kilos achetés suffiraient à nourrir les poissons condamnés pendant plus d’un an, ce qui les amèneraient à un poids de vente possible et ce ne sont pas les acheteurs qui manquent (ils renvoient même leurs propres acheteurs vers leurs concurrents directs).
L ’idée un peu folle les enchantent immédiatement, mais nous sommes à dix jours de la diffusion de l’émission et ils sont déjà tellement abattus par les premiers tris de poissons qu’ils ont deja fait, qu’il faut initier les choses.
Pêche

casa maya

chalet

Je me plonge pendant deux jours dans les entrailles de mon ordi, prépare deux logos, combinant l'image de la tortue sélène et de la mariculture du golfe, construit les pages Web nécessaires pour leur site, rencontre leur webmestre pour la création d'une page de vente en ligne, on prend rendez-vous avec un fabriquant de tee-shirt. Au fur et à mesure que les choses se démêlent et le moral revenant, leurs anciennes idées de développement et de diversification refont surface.
-Et si on reparlait de faire une table d’hôte dans la grande pièce, on pourrait accueillir des touristes et leur faire gouter nos poissons. Willy adore cuisiner en grande quantité et Patou tenait une buvette sur les bords du lac de Besse.
-Et si on envoyait un bon à tous les acheteurs pour venir découvrir la mariculture et visiter l’écloserie.
-Et si on remettait en état les cases mayas que l'on a au bord de l'eau, on pourrait héberger les acheteurs pour presque rien.
-Et si, et si, et si ça marchait et qu’on sortait la tête hors de l’eau en y laissant les poissons dedans….
Tout ceci fait qu’une semaine plus tard nous sommes toujours là, à jouer à la contrée, plonger sous les cages pour vérifier les filets, pêcher une petite tonne par ci, par là pour quelques acheteurs américains et organiser la future ruée des internautes sur les sites de la tortue sélène et de la mariculture du golfe.
Willy le savant fou de la mariculture, navigue entre Campèche et Mérida 200 kms plus au nord, où vivent sa fille
à defaut d'faire la plonge
Timo and co
et sa femme, pendant que Timothée se trouve trois copains mexicains avec qui il organise sa vie sur place à coups de « ti veux jugar à la maisona avec mi, après on ira pescar sur la digua» langue qui s’améliore au fil des jours et dont Marcello, Liassar et Rodrigo semblent se satisfaire.
Nous peaufinons pour notre part, et pour la première fois, un peu notre itinéraire en attendant la diffusion de l’émission et les commandes, alertant famille et amis pour qu'ils achetent du poissons et puissent se promener avec le tee-shirt de la tortue sélène et de la mariculture réunis.
Merci à tout ceux qui ont acheté un tee-shirt de la Tortue sélène, loin des yeux, mais jamais loin du coeur, nous suivons la Marie culture du Golfe et espérant les idées de Willy certainement plus efficaces que nos quelques tee-shirts leur permettent de continuer à vivre de leur passion.
tee-shirt facetee-shirt dos
Je vous donnerai bientôt nos impressions sur la diffusion de l’émission, en espérant qu’elle vous aura fait passer un moment agréable en notre compagnie.
Nous avons reçu plusieurs centaines de mails auxquels nous tenterons de repondre le plus rapidement possible (ce sera peut être un peu long quand même), merci pour toutes ces marques de sympathie.
L'émotion est partout autour de nous, il suffit de la provoquer un peu pour qu'elle s'exprime et surtout savoir se poser un instant pour pouvoir l'apprécier.
Les jours passent de pêche en capot cœur, d’ordinateur en promenade en bateau et nous rapproche doucement de la date de diffusion de l’émission.
Pour l’occasion on s’invite chez Yves qui a Internet en Wifi, ne pouvant pas regarder France 2 au Mexique, nous nous connectons sur Skype avec la sœur de Nanou et suivons comme faire se peux le déroulement de l’émission sur l’ordinateur de la maison, pendant que le portable branché sur le site et la boite mail accumule les visites et les messages de sympathie.
chez Yves
Avant toute chose on profite
Tout cela est très émouvant et nous rassure sur la finalité du montage qui même s’il a mis en avant des tensions du départ qui n’existent quasiment plus, donne une idée semble-t-il assez juste de notre manière de voyager.
Les mails que nous recevons par centaines s’accumulent, nous tenterons de répondre à tout le monde mais je pense qu’il faudra un peu de temps, certains messages nous font chaud au cœur, comme ceux de la famille, ma cousine Nathalie que je n’ai pas vue depuis plus de vingt ans, mes cousins et cousines de
Sennevières ou ceux adressés à Océane pour lui dire de profiter de tout ces moments magiques que nous vivons.
Toutes ces émotions bien au chaud dans nos cœurs, nous retournons à Xpicob faire quelques contrées en s’éloignant un moment des connections internets et de cette relative notoriété pour reprendre notre quotidien de maître et maîtresse d’école et profiter des quelques jours qu’il nous restent à passer avec nos nouveaux amis mariculteurs.
Timothée semble avoir toujours vécu ici, se levant avant tout le monde s’habillant avant même que nous soyons levés et partant inspecter le réveil et la mise en place du travail de tous les employés de la mariculture. Puis il part voir si les enfants de Marisol, Rodrigo, Eliazar et Marcelino, auraient pour le plus grand bonheur de tous, une bonne raison de ne pas aller à l’école.
Nous repoussons de jour en jour notre départ : on va attendre lundi que Willy soit rentré de Mérida, on va attendre mercredi que la pluie s’arrête, on va attendre le week-end pour aller faire un tour en lancha sur un banc de sable, on s’est finalement décidé un matin avant que la tortue ne prenne
Xpicob
roue de secours
racine sur la plage d’Xpicob.
Pour une fois on sait où on va, on prend la direction du nord pour rejoindre les alentours de Mexico, puis la basse californie du sud.
On arrive à faire 30 Kms avant notre première crevaison (un deuxième pneu neuf qui part poussière de caoutchouc), heureusement on avait gardé deux de nos anciens pneus  car la pointure de notre tortue est aussi étrangère à l’Amérique centrale qu’à celle du sud.
Finalement nous modifions temporairement notre itinéraire, nous partons vers le Chiapas, malgré les mises en garde d’Yves et Leria qui estiment cette partie du Mexique très dangereuse mais l’altitude des montagnes nous semble un bon remède à la chaleur écrasante du Mexique, diminuant du même coup notre consommation de bière.
 Nous stationnons sur le parking d’un grand hôtel de Villahermosa, dont seul le nom est jolie, durant deux nuits pendant que nous passons nos journées à trouver un serrurier capable de refaire la dernière clef de la tortue qui vient de
Chiapas
Dentista
céder entre les mains de Nanou. Le premier que nous rencontrons réussit pour 6 euros à casser la serrure de la porte du gaz en essayant de rentrer le double de la clef qu’il venait de faire à coup de marteau (si je n’étais pas pacifiste dans l’âme et si il ne faisait pas 1m80 et 90 Kg  je lui aurai bien donné, moi aussi, un bon coup de marteau).
Le deuxième nous fait attendre deux heures et demi en face de son échoppe  pour nous annoncer, après avoir digéré ses tacos au poulet, qu’il n’a pas ce modèle de clef, mais qu’il peut en forçant un peu au marteau nous faire rentrer un autre modèle dans la serrure de la porte d’entrée (non merci, mais c’est gentil quand même et bonne digestion).
Finalement je fais faire un double chez un troisième avec un gabarit approchant et après un passage au Bricorama du coin je l’adapte à coup de lime pour en ajuster les biseaux et les dents (et dire que je ne voulais plus toucher aux dents).
Nous arrivons tout de même à repartir de cette ville sans trop d’intérêt, pour nous rendre à Agua Azul où des eaux bleus turquoises coulent en cascades dans des bassins le long de la montagne lorsqu’il ne pleut pas. Malheureusement les fortes pluies des jours précédents ont transformé le bleu turquoise en vert caca d’oie et les jolis bassins en torrent boueux.
Nous commençons l’ascension vers San Cristobal de las casas dans une végétation luxuriante qui nous rappelle la route qui sépare Cochabamba de Villa Tunari en Bolivie, ici les topes sont un peu plus nombreux que dans le reste de la région (semble-t-il installés par les zapatistes pour contrôler le secteur).
A chaque topes on est sollicité par des femmes et des enfants qui vendent des bananes, des oranges et du maïs sous toutes ses

Agua azul

Agua pas belle

Chiapa de corzo
formes, tirant quand on ne s’arrête pas une corde en travers de la route pour nous faire ralentir.
Il faut dire que nous sommes dans la région la plus pauvre du Mexique, peuplée de près d’un tiers d’indiens descendants des Mayas, vivant pour la plupart sans eau potable, ni électricité, alors que la région est au premier rang d’un grand nombre de richesse naturelle (pétrole, gaz, café, maïs) et qu’elle produit un tiers de l’énergie électrique du pays.
On a réellement l’impression de se retrouver en Bolivie, la beauté des paysages, la population indienne, les maisons faites de branches et de terre et cette terre si riche qui alimente sans retour le reste du pays et malgré tout ça des gens accueillants, gentils et agréables, c’est la région dans laquelle nous nous serons sentis le plus en sécurité.
Nous arrivons à San Cristobal de las casas, très belle ville coloniale qui nous rappelle Cuzco au Pérou, tant par son coté
cosmopolite que par la conservation de son architecture coloniale et de ses maisons colorées avec de grandes cours intérieures.
Comme à Cuzco nous trouverons d’ailleurs un petit camping familial où nous serons les seuls à occuper pendant trois ou quatre jours une des dix places réparties sur les 4000 mètres du terrain, faisant pour quelques pesos des allers retours en taxis pour aller flâner en ville dans les différents musées et arpenter le marché artisanal et la rue piétonne, où l’on peut acheter ou observer de l’ambre dans lequel se sont laissés piéger des moustiques il y a plus de 25 millions d’années.
San Cristobal de las casas
Canyon de Sumidero Rejoignant Tuxtla Gutiérrez, nous faisons une halte à Chiapa de corzo pour visiter le temps d’une balade en lancha, le Canyon de Sumidero, haut de 1000 mètres par endroit, notre embarcation nous conduit sur le rio Grijalva dont la profondeur atteint près du barrage presque 250 mètres de profondeur (belle promenade et une excellente journée passée au parc du canyon entre les cages des jaguars, les volières d’aras rouges et les tyroliennes qui redescendent jusqu’à la piscine du restaurant).
Nous apprécions tellement cette région que nous commençons à hésiter à remonter le Mexique pour aller chercher un cargo à Los Angeles, et commençons à envisager de descendre l’Amérique centrale pour trouver un cargo au Panama.
Notre première inquiétude se situe tout d’abord au niveau du Guatemala où parait-il l’insécurité règne et nous entendons plusieurs histoires de bandes armées qui dévalisent les voitures et les villages, mais on nous disait la même chose du Chiapas et en d’autres temps du Brésil alors !!!
Tyrolienne
Chez Nacho
Alors nous filons sur la côte pacifique à la frontière du Guatemala pour prendre une décision, nous passons quelques mails en France  et d’autres à des voyageurs qui viennent de traverser ces pays et bien que les réponses françaises  nous conseillent de continuer notre aventure mexicaine en toute sécurité vers le nord, celles des voyageurs emportent notre décision vers le Guatemala.
Nous passons quelques jours à Playa Linda près de Tapachula (qui cette fois-ci porte bien son nom), à l’abri des pins du petit restaurant de Nacho où nous allons midi et soir manger des beignets de gambas pendant que les enfants profitent de l’océan et de la piscine de Nacho.
Après avoir réglé par l’intermédiaire de ma chère mère quelques papiers d’assurances santé et véhicule (car n’ayant pas trouvé d’assurance au Guatemala pour le camping-car nous avons finalement pris une assurance tout risque en France fonctionnant dans le monde entier) nous passons enfin la frontière du Guatemala.
Au revoir Mexico
Traversée
uruguay
bresil
tortue Bolivie
Pérou
Chili-Argentine
argentine
Mexique
Guatemala
Belize
Drapeau honduras
Nicaragua
Costa Rica
panama
USA
drapeau
Malaisie
drapeau thailande
drapeau Cambodge
drapeau Vietnam
drapeau Laos
drapeau thailande
Malaisie
drapeau Inde
drapeau
Oman

drapeau---Oman

saudia

drapeau
drapeau Syrie
drapeau Turquie
drapeaugrece
kenya
drapeaugrece

france