LE CHILI - L'ARGENTINE

Du 28 Octobre au 31 décembre 2007

D'Arica à Ushuaia

Le Chili D'Arica à San Pedro de Atacama
aricasanpedro


République du Chili

drapeau Chili

Armoirie Chili

Devise nationale : Por la razón o la fuerza
(Par la raison ou par la force)

Langues officielles

Espagnol

Capitale

Santiago
55°30'5N, 37°20'3E

Plus grande ville

Santiago

Forme de l’État
 - Présidente

République présidentiel
Michelle Bachelet

Superficie
 - Totale
 - Eau (%)

Classé 37e
756 950¹ km²
1,07%

Population
 - Totale (2007)
 - Densité

Classé 60e
16 598 074 hab.
20 hab./km²

Indépendance
 - Date

de l'Espagne
18 septembre 1810
12 février 1818

Pays limitrophes

Argentine Argentine
Perou  Pérou
Bolivie  Bolivie
Outre-mer :
Ant ArgAntarctique argentine
Ant BritTerritoire britannique antarctique

Gentilé

Chilien, chilienne

Monnaie

Peso² (CLP)

Fuseau horaire

UTC -4

Hymne national

Dulce patria, recibe los votos (Chère patrie, accepte nos vœux)

Domaine internet

.cl

Indicatif
téléphonique

+ 56

(1) Le Chili revendique 1 250 000 km² de l'Antarctique
(2) 780 pesos équivalent environ à 1 €

Nous arrivons à Arica, première ville civilisée que nous rencontrons depuis le Brésil. Ici tout le monde semble avoir une voiture, les stations services ressemblent à des stations services (Shell, Esso, Mobil) comme en Europe (le service en plus), les supermarchés ressemblent à des supermarchés (avec du Nutella et du camembert), le casino ressemble à un casino et les plages sont aménagées avec des petits restaurants au bord de l’eau et des locations de bains de soleil. On se stationne le long de la plage de Laucho à la sortie de la ville (seulement à cinq minutes à

tortue chili
Farniente
pied du Mac Do), je vais chercher le code du réseau wi-fi de l’hôtel voisin et nous voila prêts à affronter trois jours de plage et de farniente.
Après cette dure épreuve nous reprenons notre route vers le sud et nous nous arrêtons dormir sur le parking de la ville fantôme d’Humber Stone, c’est un village construit dans les années 1930 autour d’une mine de sulfate de potassium (Salpêtre) qui après avoir
prospéré jusqu’aux années 60 a été fermé, laissant les bâtiments d’exploitation minière, les habitations, le théâtre et autres lieux communs à l’abandon à l’instar des villes minières du far West après la ruée vers l’or et l’épuisement des filons.
Nous poursuivons jusqu'à Iquique, l’arrivée sur la ville est impressionnante descendant d’un plateau à 1500 mètres d’altitude, nous tombons littéralement sur cette ville port enclavée par une dune gigantesque qui la surplombe, nous retrouvons nos voisins autrichiens
Humberstone
de l’hôtel Mercedes d’ Arequipa au bord de l’eau et stationnons à côté d’eux pour la nuit.
Nous ne nous attarderons dans cette ville que le temps pour Nanou de visiter le supermarché (par pur plaisir !) et pour moi le Casino (par pure obligation !!!).
Pour la première fois depuis le départ nous avons une date à ne pas manquer (l’arrivée de la plus jeune sœur de Nanou le 22 nov. à Santiago qui vient passer deux ou trois mois dans la tortue) et nous
Iquique
passons nos soirées à compter les jours de routes et à calculer notre itinéraire pour pouvoir visiter le nord de l’Argentine et ne pas être en retard au rendez vous.
Nous retournons donc dans les montagnes pour rejoindre San Pedro de Atacama, Après un bref passage à Calama et sa mine de cuivre à ciel ouvert (la plus grande du monde, 4 Kms de diamètre pour 1 Km de profondeur) dont la production des trente prochaines années a été
San Pedro de Atacama
achetée et payée d’avance par la Chine, siège de l’épicentre du tremblement de terre qui touchera le Chili 6 jours après notre passage.
San Pedro est une petite et charmante ville au milieu du désert qui vit du tourisme à 300 pour-cent et qui comme sa proche voisine bolivienne Uyuni est constituée d’une multitude d’agences de voyage qui proposent toutes sortes d’excursions dans les montagnes environnantes jusqu’à la Laguna verde en Bolivie située à une trentaine de kilomètres seulement.
Ollague
Le Salar, qui contrairement à celui d’Uyuni est en majorité recouvert d’une croûte de cristaux de sel qui le rend impraticable en véhicule et où, seuls quelques endroits comme la très jolie lagune de Chaxa, y sont aménagés pour la visite.
Quelques oasis dispersées dans ce désert minéral parmi les plus arides du monde, des geysers, des quebradas (failles formant d’impressionnants canyons) et la magnifique vallée de la lune avec ses formations géologiques dignes des grands parcs américains,
Laguna Chaxa
recouverte par endroits d’une fine pellicule blanche due à une remontée du sel suite à une pluie exceptionnelle d’un quart d’heure il y a huit mois.
Nous rencontrons coup sur coup trois aventuriers belges, Enrique et Annemie partis pour 10 mois de vadrouille sud-américaine, après avoir construit eux-mêmes en 4 mois leur camion 4X4  (http://overlandadventure.be/).
Vallée de la lune
 Un autre couple de flamands qui, eux, ont aménagé un véhicule tout-terrain Mercedes pendant plus de deux ans et sont partis pour 6 mois le long des pistes. Et enfin Ollivier avec un Camion Mann, aménagé par l’ancien leader mondial en matière de fabrication de véhicules d’exception (qui a cependant fait faillite en 2006) ; Après avoir pendant un an fait le tour du continent avec sa femme et ses deux enfants, il a créé une société pour faire visiter les endroits qu’il connaît bien à bord de son « camping-car »  www.charterdream.com.be .
Ollivier
d’un village proche de Salta qui présentait l’avantage de posséder de jolies cabanes à louer pour 10 dollars et une piscine olympique.
Les au revoir étant difficiles quand on s’apprécie, ils nous accompagnent jusqu’au camping municipal de Salta, sur les indications de François et Colette croisés à Salta dans leur Toyota aménagé.
Nous y retrouvons Ollivier et Wolf au bord d’une piscine de trois hectares (si, si 300m X 100m) et arrosons tous ensemble ces retrouvailles autour d’un barbecue nocturne qui s’éternisera jusqu'à 6 heures du matin. Le réveil matinal des enfants nous rappelle à une évidence certaine, nous n’avons plus vingt ans depuis longtemps. Pierre et Christelle filent rapidement pour Iguaçu (une bonne journée plus une nuit de bus) et nous nous mettons à l’école en faisant de longues pauses piscine pendant qu’Ollivier et Wolf reprennent la route.
Les derniers aventuriers que nous rencontrerons à San Pedro seront deux piétons bretons. Cherchant un moyen de rejoindre rapidement Salta en Argentine afin d’y prendre un bus pour Iguaçu, ils nous demandent poliment de les y emmener ce que nous acceptons gentiment. Pierre était professeur de français langue étrangère à Jersey et a entraîné Christelle sa femme dans un tour du monde de deux ans, ce qui n’est pas une mince affaire après s’être miraculeusement il y deux ans, tiré d’un cancer à un stade très
Pierre-yves et Christelle
avancé à l’âge de 28 ans. Nous effectuerons les 650 Kms qui nous séparent de Salta en une journée.
La route qui rejoint l’Argentine traverse des lagunes et des salars de toute beauté.
Le passage de la frontière se passe en deux étapes, la sortie du Chili à San Pedro de Atacama et l’entrée en Argentine au paso de Jama en pleine montagne 160 Kms plus loin, bien que les fonctionnaires argentins aient été plutôt désagréables le passage se fait rapidement et nous passerons la soirée avec Pierre et Christelle  dans le camping
Salar
Barbecue Salta
Sur les indications d’Ollivier nous prenons la piste 33 rejoignant la célèbre route 40 qui traverse toute l’Argentine jusqu'à Ushuaia plus de 4000 kilomètres au sud, la piste, très remuante, est splendide traversant des montagnes escarpées puis d’immenses plaines plantées de cactus. Après deux arrêts, dont un à Cachi petite ville perdue au milieu de ce no man’s land qui possède un camping municipal pourvu d’une piscine olympique chauffée et d’une piste d’athlétisme digne des jeux panaméricains où viennent
Recta Tintin
s’entraîner les sportifs nationaux kenyans et accessoirement Nanou, la joggeuse sélénite.
Nous arrivons à El Cafayate au cœur d’une région vinicole et y rencontrons Elisabeth et Jacques sur le parking d’un domaine où comme nous, ils viennent acquérir de quoi se faire une idée sur la qualité de la vinification argentine; ils passent leur retraite à voyager sans date de retour dans un 4X4 aménagé (www.touthorizon.com); l’alliance  de Lyon (Elisabeth) et du Canada (Jacques) semble une
Piscine Salta
Jacques et Elisabeth
nouvelle fois (voir Ben et Em à Cuzco) former un nectar aussi bons que ceux que nous dégusterons toute la soirée en leur compagnie. Nous les remercions encore d’avoir commandé des serrures qu’ils n’ont pas utilisées et une grille de frigo trop grande pour leur 4X4 mais identique à celle que nous avons perdue sur les pistes boliviennes (et de nous les avoir si gentiment offertes). N’ayant pas le temps de faire la boucle de Cafayate en entier, nous remontons la route 68 vers Salta sur 70 Kms pour visiter les paysages enchanteurs et surnaturels de la quebrada de las conchas (ou de Cafayate).
Le lendemain (Après une nuit à tester les machines à sous du casino ouvert 24 heures sur 24), nous faisons l’école à Quilmés, qui outre le fait d’être une marque de bière, abrite les ruines d’une cité bâtie dans un amphithéâtre naturel par les indiens Quilmes aux alentours de l’an mil, et n’en furent délogés qu’après 130 ans de batailles acharnées contre les espagnols qui les chassèrent à l’est, où ils bâtirent la ville de Buenos-Aires.
Notre objectif étant d’arriver à Santiago quelques jours avant le 22 novembre, nous filons par la route principale jusqu'au parc provincial d’Ischigualaso (terre sans vie en Queschua) où nous stationnons, pour la nuit, à l’entrée de la vallée de la lune. La visite commence à 8 heures et demi par un convoi de voitures à travers 40 Kms de formations rocheuses invraisemblables, prenant par ci, des allures d’arbres et par
Cafayatequebrada de cafayate
là, celles des dinosaures qui grouillaient dans cette zone il y a 200 millions d’années.
Notre convoi, mené par une guide dont le catalan un peu rapide ne nous permet pas  de faire une traduction simultanée aux enfants, est composé de trois voitures de touristes allemands, un motard australien et un camping-car argentin ; Nous terminons la visite par le musée où une étudiante en archéologie de Salta nous explique les méthodes de fouilles utilisées sur le site, nous montre les reconstitutions des différents types de dinosaures rencontrés ici et nous dévoile le mystère de la formation des boules rocheuses qui jonchent le sol de certaines parties de la vallée de la lune.
A la fin de l’exposé nous reprenons la route et progressons jusqu'à Mendoza d’où, après une courte nuit sur le parking de l’aéroport, nous nous attaquons une nouvelle fois au franchissement de la cordillère des Andes afin de récupérer Jennifer dans le plus grand secret pour les enfants (qui croient que nous allons récupérer mon ordinateur que mes parents auraient donné à un ami Mr Jean Ferny qui viendrait visiter le Chili).
Ayant depuis peu son diplôme de sommelière en poche, elle vient prendre place dans la tortue jusqu'à notre départ pour l’Australie fin février et va pouvoir tout en nous accompagnant se perfectionner en
QuilmesQuilmes
dégustant les vins Sud-américains et pourquoi pas trouver du travail dans un de ces grands domaines qui foisonnent dans le centre et le sud de l’Argentine et du Chili.
La route Mendoza Santiago est un véritable bonheur pour les yeux, pour les pneus et les pistons, elle ne dépasse pas 3000 mètres et longe une interminable vallée entrecoupée de lacs de montagne et de stations de ski accrochées aux neiges éternelles qui recouvrent les sommets des Andes. La tortue ne peine pas à progresser jusqu’à la
Tsunami
l'Argentine Du paso de Jama à Mendoza
Argentine

République d'Argentine

Argentine

armoirie Argentine

Devise nationale : Dans l'Union et la Liberté.

Langues officielles

Espagnol

Capitale

Buenos Aires
34°37′S 58°21′W / ,

Plus grande ville

Buenos Aires

Forme de l’État
 - Présidente de la Nation

République fédérale
Cristina Fernández de Kirchner

Superficie
 - Totale
 - Eau (%)

Classé 8e
2'766'8901 km²
1,1

Population
 - Totale (2006)
 - Densité

Classé 31e
39'921'833 hab.
14 hab./km²

Indépendance
 -  

Espagne
9 juillet 1816

Pays limitrophes

 BresilBrésil
Bolivie  Bolivie
Chili  Chili
Paraguay  Paraguay
Uruguay  Uruguay
Outre-mer:
Ant ChilAntarctique Chilienne
Ant BritAntarctique Britannique

Gentilé

Argentin, argentine

Monnaie

Peso argentin (ARS)

Fuseau horaire

UTC -3

Hymne national

Himno Nacional Argentino

Domaine internet

.ar

Indicatif
téléphonique

+ 54

1 L'Argentine revendique aussi 1 000 000 km² en Antarctique, ainsi que les îles Malouines.

Sur la route d'Heidi
Le Chili De Santiago à Chile Chico
frontière Chilienne, où nous passerons deux bonnes heures à passer de guichet en guichet pour obtenir et faire tamponner tous les formulaires de sortie et d’entrée, pendant que les équipes cynophiles des narcotiques et de l’agriculture feront le tour complet du véhicule et repartiront avec une plaquette de beurre, quatre œufs, 500 g de fromage et la collection de graines d’Océane et Timothée.
Après nous être acquittés des 4 euros de taxe d’entrée au Chili, nous continuons sur Santiago puis Valparaiso où nous partons à la recherche d’un cargo qui pourrait transporter la tortue en février jusqu'à Sidney. La tâche est difficile car la plupart des compagnies maritimes ne travaillent pas avec les particuliers ou ne gèrent pas les containers spéciaux (on a besoin d’un container open top à cause des 3,1 mètres de la tortue) de plus, la plupart des services commerciaux sont à Santiago. Après avoir traîné de bureau en bureau pendant deux jours nous abandonnons et partons à la recherche d’un restaurant qui pourrait nous servir la langouste dont je rêve depuis notre départ, on a pas 44 ans tous les jours, « Le
Tortue Argentine
A la recherche des carottes perdues Langouste
Galion » sur le port de Valparaiso me servira mon crustacé préféré (pas terrible, un peu cher, mais j’aurai eu ma langouste !!!).
On retrouve sur le port Marie-claude et Dominique (Les baroudeurs bretons rencontrés sur la route de La Paz, puis à Copacabana) qui ont la bonne idée de suivre la même route que nous. Nous longeons le front de mer pour organiser un apéritif dînatoire sur un banc public, nous trinquons avec un canadien de passage surpris de notre petite installation et arrivons finalement à bout du champagne, du vin blanc et du saucisson bien après le magnifique coucher de soleil qui aura accompagné la fin de ma 43 ème année. Nous quittons à regret nos amis brestois que nous retrouverons  à Ushuaia pour noël ou le jour de l’an et pendant qu’ils continuent vers le sud, nous récupérons à l’aéroport mon ordinateur escorté par sa convoyeuse surprise qui outre ses valises a apporté la hotte du père noël des enfants, le dernier Archos wi-fi qui vient déclasser mes anciens joujous et une cargaison de rosette de Lyon, de fois gras, de petits chocolats et de pâtes de fruits.
44 ansValparaiso
Nous filons à la première Bodega venue pour tester les talents de sommelière de Jennifer  et acheter de quoi accompagner la rosette.
Nous risquons une roue à Santiago dans quelques bureaux d’agences maritimes, le temps de sillonner les grandes avenues très européennes de la capitale chilienne, la rue Apoquindo le long de laquelle sont disséminées des statues de chevaux peints et nous commençons à descendre vers le sud rejoignant rapidement les pistes du littoral de Pichilemu à Lebu.
Jennifer
Enfin des paysages authentiques, ruraux, loin des cités organisées du Chili et des routes des guides touristiques, on ralentit à chaque virage pour être sûrs de ne pas écraser la pauvre Laura Engals qui a déjà perdu la vue ; On longe des kilomètres de champs qui se font dorer au bord des plages de sable noir où fleurissent quelques charmants petits villages de pêcheurs.
A partir de Chanco, les collines sont peuplées d’immenses Forêts de conifères puis de feuillus qui viennent alimenter les entreprises de bois, qui bordent l’océan jusqu'à Lebu (importante et principale ressource économique de cette ancienne région minière sinistrée) ; les routes, elles, sont peuplées de camions chargés de troncs d’arbres. La balade est très belle jusqu'à Conception mais se dégrade vite au sud passant de ports en ports d’où partent des cargos chargés de bois d’où se dégage encore l’ambiance des grises villes minières du nord de la France.
Nous quittons le pacifique et traversons le pays un peu au dessus de Temuco pour rejoindre à quelques kilomètres de la frontière Argentine, le parc national Conguillio los Paraguas, faisant une halte aux thermes de Tolhuaca, au pied des cimes enneigées des volcans environnants, dont l’eau sort de terre à 95° et remplit des piscines extérieures à la bonne odeur de soufre. La route, puis la piste, qui mènent à l’entrée sud de la réserve (l’entrée nord étant fermée) ressemble aux montagnes de la vallée de Saas en Suisse ou au Tyrol
BodegaA la campagneLe pacifique
autrichien avec des lupins mauves qui bordent les bas côtés et les champs de vaches si bien nourries qu’elles auraient pu faire le casting de la pub du chocolat Milka, et en arrière plan les volcans enneigés qui contrastent avec le vert des forêts d’araucarias par endroit entaché du bleu d’un lac ou d’une lagune.
Le parc Conguillio centré sur le volcan Llama, qui est resté caché sous une épaisse couche de nuages, foisonne de sentiers dont nous n’aurons vu que les pancartes d’accès, mais dont les balades à travers les coulées de laves, les forêts d’araucarias, les lacs et les pentes enneigés du volcan semblaient très prometteuses pour peu que la météo soit clémente.Nous profiterons tout de même d’une petite éclaircie pour faire le tour d’une lagune aux eaux vertes et bivouaquerons le long du grand lac central attendant un beau temps qui ne viendra jamais. Sortant du parc pour rejoindre rapidement Pùcon nous faisons une halte à Mellipeuco où l’on trouve encore des petits restos au menu unique d’un excellent pot au feu baignant dans un bouillon de légumes pour 1,3 euros l’assiette qu’il est difficile de finir seul, accompagné d’un plat de salade de tomates que l’on ne trouve que dans les jardins de nos grands parents. M’éclipsant en fin de repas pour filer au cyber voisin voir si l’on avait des réponses des agences maritimes, je me retrouve décomposé devant le mail de Tina (Notre amie allemande qui nous avait accompagnés lors de notre traversée de l’atlantique et que nous venions de retrouver avec Olli à Cuzco et au
ArseneConguilloParc conguillo
Machu Picchu). Je lis et relis dix fois ce mail avant de me rendre à l’inacceptable réalité du décès d’Olli dans sa 43 éme année, lui si sportif, si joyeux qui regardait la vie avec des yeux d’enfants s’est endormi le 03 décembre pour ne plus jamais se réveiller. Je venais la veille de finir la mise en page du coin des enfants au Pérou qui s’étaient comme nous régalés de le retrouver à Cuzco et d’avoir navigué derrière son camion pendant une semaine. Nous t’emporterons dans nos cœurs, le long de nos routes en couleur et tu resteras pour toujours, comme tu nous le disais dans chacun de tes mails notre cousin Olli……
Cousin Olli
Il va sans dire que les jours qui suivirent ne furent pas très dynamiques et même si nous avons essayé de faire quelques visites autour de la très jolie ville de Pucon, nous n’aspirions qu’à descendre rapidement vers Puerto Montt pour prendre le ferry à destination de Puerto Natalés.
La ville de Pucon juste après Villarica est le repère branché de Santiago, située au milieu de 3 parcs nationaux, proposant trecking en montagne, ski sur les pentes du volcan Villarica ou sport nautique sur les eaux calmes de l’immense lac aux berges et aux plages bien aménagées, la ville comme la région est à consonance germanique, tout ici est calqué sur leur modèle d’outre Rhin, les maison en bois, les tavernes à bière, les restaurants et l’ordre…….
Nous croisons comme un signe les motards allemands rencontrés au Camping Quinta Lala  que nous avions retrouvés avec Olli au Machu Picchu, Ils reviennent tout juste de l’ascension  du Villarica jusqu'à son cratère avec une des nombreuses agences de la ville qui fournissent guides et matériel.
Cimes et sommetsPucon
Sans visiter les deux autres parcs, nous reprenons la route, et, en prévision des températures nocturnes d’Ushuaia, allons faire recharger à l’usine de Lipigas de Temuco nos bouteilles de gaz française et argentine.
Filant directement jusqu’à Puerto Montt nous allons stationner à Chinquihue face à l’océan sur le parking d’un magnifique resto tenu par un français arrivé à Buenos aires à 16 ans avec ses parents. Il a acheté douze hectares il y a quarante ans et a construit une maison et un restaurant d’un charme inouï avec de grandes baies vitrées
donnant sur l’océan, des poutres splendides et des associations de terres cuites et de bois à faire pâlir les bastides provençales.
Le lendemain matin, alors que pour une fois nous avons réussi à nous lever de bonne heure pour être à l’ouverture de l’agence qui vend les billets de ferry, la tortue refuse de démarrer, la batterie est à plat. Toujours au top de l’équipement je sors mon booster démarreur et toujours au top de la désorganisation il est déchargé, Pablo le propriétaire du resto est parti en ville et nous devons attendre son retour en fin de matinée. Nous décidons de profiter au désespoir des enfants de ce contretemps pour avancer un peu l’école mais rapidement un groupe d’une vingtaine de dauphins noirs et blancs comme de petits orques viennent troubler la concentration des grands et des petits, ils sont à quelques mètres de nous et nous font profiter pendant une bonne heure de leur balai aquatique. Puis, la tortue redémarrée, nous faisons un bref saut à l’agence maritime, juste le temps de constater que la carretera australe sera plus dans notre budget que le ferry a 1700 euros et nous remontons quelques Kms au nord jusqu'à Petrohue passant par la splendide saltos del Rio Petrohue où le courant s’est façonné des passages dans la roche volcanique noire, au milieu d’une végétation vert émeraude.
A Petrohue n’ayant plus le temps de faire l’aller retour jusqu'à Peulla, de l’autre côté du lac Todos los Santos, avec le catamaran qui en sillonne les eaux à longueur de journée ; Nous optons pour un petit tour d’une demi-heure avec un pêcheur afin d’admirer la beauté du volcan Osorno et de son sommet enneigé.
Nous passons le jour suivant le bac pour l’île de Chiloé, où comme
Lipigas
PabloLes dos finsles dauphins
en Bretagne les personnes de moins de cinquante ans ne connaissent pas le bonheur d’avoir trois jours de beau temps consécutifs.
Cependant comme en Bretagne  les paysages sont magnifiques, les vaches côtoyant les pingouins aux abords des plages de sable noir où nous camperons le premier soir devant les pingouins Humbold et Magelans des îles  Punihuil.
L’île foisonne d’églises jésuites en bois pour la plupart sont peintes en jaune,  bleu, orange ou vert, comme les maisons dont les murs sont recouverts d’écailles de bois qui se marient parfaitement à la tradition de pêche des Chilotes.
Ceux-ci, outre les truites et les Saumons exportent également des algues à destination des Sushi bar de Tokyo et d’Okinawa, ils ont comme les corses en France, une âme distincte des continentaux et sont fiers d’être chilotes avant d’être chiliens.
La partie Est de l’île est la plus habitée et la seule qui a une route asphaltée la cote Ouest, face au vent, est accessible par quelques pistes caillouteuses bordées de lacs et vers Chepu d’une plaine d’arbres morts qui ont succombé au tremblement de terre de 1960.
Nous traversons sans nous arrêter à Castro, la capitale de l’île, et après une nuit sur le port de Chonchi nous attrapons in extremis le bac pour Chaiten qui nous dépose après 6 heures de mer aux portes de la carretera australe, nous ferons en une longue journée les 300 Kms de pistes et les 130 Kms d’Asphaltes qui séparent Chaiten de Coyhaique dans une nature époustouflante, traversant des fjords et des lacs aux pieds des volcans et des montagnes.
Les coulées de neige descendent pratiquement jusqu'à la route; et les glaciers qui semblent y être suspendus alimentent d’immenses
ChiloeLes pingouins sélénesLes pingouins
cascades qui se jettent dans les rivières que longent la carretera, la piste n’est pas excellente mais praticable et puis on a eu notre diplôme de piste bolivienne !!!!
Coyhiaque nous retiendra le temps d’une réparation sur le circuit de refroidissement, de deux ou trois courses et de quelques navigations Internet.
Juste le temps de recevoir une réponse d’une famille française qui voyage en camping-car avec leurs deux filles à qui nous avions écrit, ils ont fait la traversée sur la Grimaldi en Août avec Colette et François rencontrés à Salta qui nous avaient donné leur site http://www.vivresonreve.fr ils sont sur la carretera australe deux cents kilomètres plus au sud et comme le dirait Fugain ils remontaient là haut vers le brouillard, et nous descendions là-bas dans le Chili, Le Chili.
Camille a 10 ans et comme une jumelle d’Océane est en Cm2 aime les chevaux, la Nintendo DS et a fait de la natation synchronisée, Marine quant à elle, en a 6  comme Timothée et est tout aussi nintendisée que les grandes.
Dès les réparations terminées nous partons à leur rencontre, les enfants bouillant d’impatience de se faire de nouvelles copines après neuf mois passés sans jouer avec un seul enfant français.
La réalité dépasse leurs espérances et le courant passe immédiatement entre Océane et Camille, il faudra attendre une petite heure pour que Marine et Timothée s’apprivoisent l’un et l'autre autour de la Nintendo (quand je pense qu’on dit qu’les jeux électroniques tuent la communication). Les filles sont aussi charmantes que leurs parents ; Jean-paul, militaire à la retraite est le frère d’un de mes patients du Luc (le monde est petit !!!), Karine a lâché l’armée de terre  pour 18 mois de congé, ils vivent à Rennes et étaient déjà camping caristes avant d’entamer leurs aventures sud-américaines. En  bon français que nous sommes nous dressons immédiatement les tables et y ouvrons nos acquisitions
MilkaCamille, Marine, Océane et TimothéeVivre son rêvePicnic
bacchusiennes (un cabernet sauvignon chilien et un tannat uruguayen) pour accompagner quelques crêpes au jambon. La rencontre étant franchement agréable et devant la joie non dissimulée des enfants nous décidons de passer la journée du lendemain ensemble le long du rio Simpson d’où Jean-paul tirera le repas des enfants, une truite fario. Après une deuxième nuit dans le silence des montagnes andines, nous sommes rejoints avant de partir par un couple de Suisse en voyage depuis sept ans dans un camion sur base Mann, qu’ils ont entièrement fabriqué en 47 jours avant de se lancer sur les routes du monde. Puis, comme il n’y a pas de bonne compagnie (en l’occurrence excellente) qui ne se quitte nous reprenons nos routes mais suivrons avec attention leur chemin sur le net afin de pouvoir si l’occasion se représente, recréer la magie de ces rencontres qui nourrissent si bien les Voyages.
Nous suivons les rives du lac Général Carrera, le deuxième plus grand d’Amérique du sud, après le Titicaca bien sûr, ses eaux sont bleues turquoises et la piste bordée de lupins jaunes, de quilas (plante exotique à feuilles géantes) et de chilco (petit arbuste à fleur rouge).
Truite farioLago Général Carrera

Le lac se continue à l’est de Chile chico (frontière avec l’argentine) en prenant le nom de Lac Buenos Aires et la piste en route goudronnée qui traversant d’ouest en est le pays rejoint La Caleta Olivia sur les rives de l’Atlantique.
Profitant de la monotonie du paysage et de la qualité de la voirie nous accélérons le mouvement pour essayer d’être pour noël à Ushuaia, malheureusement dans un vacarme inquiétant, à 110 Kms/h la Tortue part dans tous les sens je me  range sur le bas-côté cent mètres plus loin, un des pneus arrière vient d’exploser cassant dans son élan une partie du plancher sous la soute et la coque plastique au dessous du chauffage arrachant au passage les connections électriques , je récupère le pneu réparé par vulcanisation en Bolivie remonte le tout et nous partons, une nouvelle fois, de ville en ville à la recherche d’un pneu pour la roue de secours.
Tout le monde nous dirige sur Rio Gallegos, 700 Kms plus au sud, les Kms s’enchaînent, mais à 300 Kms de la capitale de la Patagonie argentine un nouveau bruit vient perturber notre progression, la vulcanisation de la roue de secours n’a pas tenu, les vibrations et le poids excessif sur la roue extérieure a desserré  les six boulons des roues arrières  gauches, deux vis ont cassé net.
Le sort semble essayer de nous empêcher d’atteindre le bout du monde, mais nous n’avons pas dit notre dernier mot, resserrant les quatre boulons restants nous avançons doucement jusqu'au village
l'Argentine De Los Antiguos à Ushuaia
J'suis un pneu crevéLa roue tourneOn fait l'plein
suivant où un petit mécano (dont l’état de sa voiture, stationnée devant le hangar qui lui sert de garage ne donne vraiment pas envie de lui laisser les pattes de la tortue entre les mains)  passe la matinée à remplacer les pièces cassées par des vis ordinaires pendant que je fais le tour du village pour trouver un pneu qui puisse se monter sur nos jantes, je trouve un vieux pneu tellement usé qu’on dirait une gomme de formule 1 et  nous repartons en fin de matinée avec un pneu de 185 à droite et un de 205 à gauche, espérant dans un grand élan d’optimisme trouver un dimanche soir une série de vis de roue Ford transit et deux pneus adaptés, pour les pneus rien à faire, la rareté des dimensions des nôtres auront raison de notre optimisme, pour les boulons après 5 ou 6 adresses nous finissons dans une boulonnerie qui est ravie de se débarrasser de l’incongru stock de six vis de Ford transit qui semble les encombrer depuis un bon moment.
Les vis en poches nous repartons à l’assaut de notre objectif, passant le bac qui relie le continent à la terre de feu et quatre postes frontières plus loin, nous aurions pu arriver avec un jour d’avance sur le père noël si le désir de ne pas faire comme tout le monde ne nous avait conduit sur quelques pistes boueuses impraticables en camping-car.
La tortue après avoir failli se retrouver sur sa carapace et s’être enlisée pendant une bonne heure nous avons dû rebrousser chemin et rattraper la piste classique pour rejoindre, à Rio Grande, la douce couleur noire de l’asphalte. Le lendemain, avec  quelques heures
Sur la piste de China CreekDecollage imminentLa gadoue, la gadoue, la gadoue
d’avance sur le traîneau rouge et blanc, nous débarquons au camping Pista Del Andino www.lapistadelandino.com.ar refuge de nombreux voyageurs au long cours  qui viennent passer les fêtes dans la ville la plus australe de la planète. Nous manquons de peu Dominique et Marie-claude qui sont partis pour dix jours en voilier au large du canal de Beagle pour approcher au plus près le cap Horn et l’Antarctique.
Nous y rencontrons Géraldine et Yann www.chemindumonde.net qui sont partis pour deux ans autour du monde faisant ça et là des reportages pour les magazines, la radio ou la télé, finançant ainsi une partie de leur épopée. Sophie et Damien une famille belge www.auplaisir.be avec qui nous étions depuis peu en contact, ils voyagent avec leurs enfants Yann 6 ans et Pauline 4 ans et demi et cherchent comme nous un cargo pour l’Australie. Karine et Coen sillonnent le monde depuis 2003 avec un vieux Land cruiser www.landcruising.nl , ils sont néerlandais, vendent également des articles et des photos pour poursuivre leur chemin.
Beaucoup de suisses en mini van aménagé, en 4X4, en Camping-car ou en Camion Mann à 300 000 euros, quelques canadiens, des anglais et bien entendu deux ou trois argentins, le temps de nous installer nous nous retrouvons au milieu de ce joli monde pour un réveillon où l’on passe de l’anglais, à l’espagnol sans y prêter attention et du champagne au français sans oublier de trinquer, les enfants sont à nouveau ravis de retrouver des copains francophones, les festivités durent un peu au-delà de la tombée de la nuit le soleil ne se
couchant
Pista del AndinoYann et GéraldineNoël
dans cette partie du globe que de 23heures à 5 heures du matin.
Nous partons visiter pendant deux jours le parc de la terre de feu (à plus de 3000 Kms au sud de Buenos Aires et 17000 de l’Alaska) avec Sophie, Damien les enfants et Martin un ami canadien de Karine et Coen. Le parc est peuplé d’une invraisemblable quantité de lièvres de quelques jolis lacs et fjords entourés des montagnes enneigées qui surplombent le canal de Beagle. Après avoir consumé une bonne dizaine de kilocalories en se promenant sur les sentiers du parc nous retournons au camping préparer de quoi les reprendre lors du passage à la nouvelle année que nous vous raconterons dans un prochain épisode…………
En attendant, vivez ce que vous avez à vivre et profitez en au maximum, pensez à voyager un peu, car comme disait (je ne sais plus qui) « le monde est un livre dont ceux qui ne voyagent pas ne voient que la couverture »
. espérant vous donner l'envie d'en tourner les pages les sélénites vous souhaitent une excellente année 2008
Parc de la terre de feuRoute 3
Au plaisir de se rencontrer
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